Livre à gagner : Cuisine, Marxisme et autres fantaisies par Stephan Lagorce

 

lecture teatime onthetable

Cuisine, marxisme et autres fantaisies ou la Chine de Deng Xiaoping à travers le prisme gustatif de Stephan Lagorce, jeune chef cuisinier occidental, parachuté dans le Maxim’s alors flambant neuf de Pékin. Ouvert par un Pierre Cardin visionnaire et un peu fou, l’établissement, cheval de Troie capitaliste est un théâtre où apparachiks, paysans enrichis, hommes d’affaires et diplomates occidentaux se croisent sans se mêler, autour d’une cuisine française à la sauce post-Mao.
Entre mémoires et roman d’apprentissage, ce sont trois années de rêves éveillés et de journées hallucinées que dépeint Stephan Lagorce. J’espère que vous goûterez comme-moi la succulence du débat quant à savoir quel service, du russe à l’assiette ou du français au plat, est le plus petit bourgeois et lequel devrait être préféré dans la salle du Maxim’s ou encore le caractère picaresque des quêtes du chef pour mettre à la carte des produits locaux (murènes enragées, tortues d’eau zombies, carpes volantes ou encore lapins plats) et ainsi tenter de sauver de la ruine certaine l’établissement, ouvert par un Pierre Cardin visionnaire et un peu fou et dont tout ce qui s’y cuisinait ou presque était importé d’Europe, à un coût stratosphérique.
Le récit s’émaille de recettes dont certaines ont dû rester dans les mémoires des petits français débarqués directement de la rue Royale. Arrêtez-vous tout particulièrement sur les œufs soufflés de Big Bouddha que Stéphan Lagorce déconseille aux « foodistas instagrammeuses anorexiques » ou encore sur la passion que la séraphique Madame Ko nourrissait pour l’ail. Une passion que nous partageons dans la famille et dont on se félicite fort (précisément.) En effet, la vie conjugale serait bien triste s’il fallait se passer des alliacées pour cause de déplaisir de l’un ou de l’autre à l’odeur de ces précieux aromates ! Assurément nous testerons le filet de boeuf à la crème d’ail de l’ensorcelante Madame Ko du stock.

Après quelques lignes pour vous mettre en appétit et comme le livre est à gagner sur le blog, poursuivez sagement votre lecture jusqu’en bas pour connaître les modalités du concours.
« Au Maxim’s, mes amis chinois mangeaient bien-sûr dans des bols mais debout ou accroupis et avec une cuillère. Mangeaient-ils ou avalaient-ils ? Difficile à dire puisque le temps du repas ne durait que quelques minutes à peine, surtout le midi. L’hyper-sophistication de la cuisine chinoise trouvait là une sorte d’antithèse saisissante que je retrouvais partout en Chine. Face à ces repas spartiates, nous autres Français, attablés et bedonnants, donnions l’image exacte de ce que nous incarnions : l’indolence capitaliste. »
« La tortue zombie fonça vers l’étang […]. Voyant que nous avions au bas mot pas loin de cinquante kilos de ces reptiles atroces dans les comportes, je suppliais l’interprète au bord de l’évanouissement d’arrêter les frais et de féliciter les pêcheurs pour leur travail impeccable. Je n’avais qu’une idée : affranchir sans délais ni condition tous les reptiles puis retirer la soupe à la tortue de la carte ad vitam. Mais pour mon malheur (et celui des tortues), c’eût été faire perdre la face à pas mal de monde ici, pure hypothèse, irréaliste au possible… Et comme une calamité ne vient jamais seule, on nous servit juste après un repas entièrement à base de tortues. Entières, farcies, à la vapeur, à l’ail, en beignets, en bouillon… Au supplice, j’ingurgitai le tout en songeant à leur masse grouillant dans le marigot. Mais la coupe n’était pas encore vidée, et de retour à Maxim’s, toute la cuisine, garçons de salle compris, se consacra à l’hécatombe des tortues qu’il fallait décapiter […]. Epuisé et nauséeux, j’assistai à cette performance, loin de celles que j’imaginais lors de mon recrutement, à New York, dans cet hôtel chic de Park Avenue en buvant un martini blanc juste frais. »

Cuisine, marxisme et autres fantaisies – Pékin 1984 – Récit culinaire
Stephan Lagorce
Edition de L’Epure
Paris – 1017
16 €

L’ouvrage est à gagner jusqu’au vendredi 31 mars, minuit. Pour tenter votre chance il vous suffit de vous abonner au blog et de me raconter dans les commentaires quel est votre rapport à la cuisine chinoise, celle d’ici ou de là-bas. Vous doublez vos chances au tirage au sort en vous abonnant au tout nouveau fil instagram du blog @lapintadeaixoise !

13 réflexions sur « Livre à gagner : Cuisine, Marxisme et autres fantaisies par Stephan Lagorce »

  1. bonjour et merci pour ce chouette concours je tente volontiers!
    je croise les doigts
    j’adore la cuisine chinoise! surtout les nems!
    parcontre je ne sais pas cuisiner la cuisine chinoise mais j’aimerais bien!
    je suis fan instagram : tiana.deviz
    bonne journée

  2. J’ai cherché, pendant presque 9 ans, puis abandonné, me disant que je n’allais jamais retrouver la recette de l’Adorable Petit Pangolin à l’Ananas, plat qui m’avait été servi par une famille chinoise (légèrement excentrique) sur une petite île en Indonésie. J’avais voulu refuser (par principe, je ne mange pas d’animaux en p), mais cette odeur… J’ai tout mangé et c’était abominablement succulent!

    Mais donc là, après toutes ces années, une lueur d’espoir… Stephan Lagorce aurait-il un début de réponse pour moi? 😉

    Le pangolin, je ne l’oublierais jamais (tout comme son écaille coincée entre mes dents). Mais ce qui suivit après dans le Yunnan se rapprochait de cette même extase gustative. Neuf mois dans la magnifique Kunming m’ont permis de découvrir une cuisine tellement plus délicieuse que celle du riz sauté et canard laqué que je connaissais d’ici. Du simple jiaozi aux plats traditionnels de fêtes… tout y était préparé avec tant de simplicité, et pourtant, à chaque fois, je me ré-ga-lais! D’ailleurs, j’y retournerais rien que pour revivre cette expérience culinaire.

    Ps. Mon péché mignon, le stinky tofu, façon yunnanaise.

    1. @Elise : merci pour ta participation 🙂 pas trace de pangolin chez Stephan Lagorce mais d’autres délices en perspective. Le tofu, sticky ou vraiment stinky ? (ça m’intrigue maintenant… Déjà qu’avec le tofu on est pas hyper en bon termes…)

  3. Premier pola : 1999, étudiante, j’apprends à utiliser les baguettes avec mon amoureux dans une bicoque chinoise et avignonaise qui nous sert de cantine après les cours.
    Deuxième pola : 10 ans j’initie mon frère au même rituel mon jeune frère, devenu lui-même étudiant, dans un petit restaurant parisien. Deux japonaises nous prodiguent conseils et soutien. On rigole bien.
    Troisième pola : 2004, mutée dans la grisaille parisienne, je découvre les supermarchés asiatiques et leurs couleurs, leurs saveurs…j’ai envie de tout cuisiner !
    Aujourd’hui : Selfie posté sur instagram : les salades qu’on partage avec mon compagnon sont à l’huile de sésame-mirin-sauce soja. Le plat vite fait du dimanche soir, c’est un riz, graines de sésame, tranches d’avocat.
    Le plus loin où j’ai pu manger chinois…c’est à Cayenne dans le quartier chinois de la ville. Peu importe, la cuisine chinoise, ce fut la découverte de l’exotisme, c’est toujours le doux parfum de l’amour et le bonheur du partage.

  4. Bonsoiiiiiiir!
    Aloooors la cuisine chinoise…je ne la connais qu’à travers des documentaires tels que Fourchette et Sac à Dos ou les Globe Cooker par exemple! Après je suis allée plusieurs fois dans des restos chinois, et passionnée de cuisine (et ayant bossé en restauration japonaise) je me suis bcp renseignée sur Internet ou dans quelques bouquins; mais j’ai toujours peur de rester sur des clichés de ce beau pays. Quoi qu’il en soit j’ai toujours aimé la culture orientale, alors je suis toujours prête à en savoir plus ^^
    Merciiiii pour le giveaway! Je te fais plein de bisouuuux

  5. Si je l’ai vu passer ce concours mais je n’avais pas le temps de m’arrêter en fait ! La cuisine chinoise et moi c’est une longue histoire d’amour puisque j’adorais la civilisation chinoise (j’ai fait 5 ans de chinois quand même^^)…J’ai connu les premiers restos chinois de la rue de la Huchette à Paris (fermés depuis pour cause de Canigou 😆 ), donc ça m’a un peu dégoûtée… Ensuite j’ai redécouvert à Nouméa où vivent une communauté chinoise et une autre vietnamienne . En différenciant bien les deux cuisines… Et comme c’était mes « cantines » de midi (ou du soir), qu’elles étaient excellentes, je ne me suis pas souvent lancée dans la cuisine chinoise, sauf ces dernières années…mais je fais simple : nem, soupe, canard aux pousses de bambous, porc laqué, riz et surtout pas de tofu !!! 😆

  6. Je me souviens du lancement du Maxim’s par Pierre Cardin, notre prof de chinois nous avait expliqué : on ne comprenait pas très bien cette incursion du capitalisme dans un monde rigidifié par le maoisme mais…tout est possible en Chine ! 😉

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