AMARONE DELLA VALPOLICELLA 2006, TENUTA SANT’ ANTONIO

Les obligations professionnelles font parfois de jolis cadeaux, comme cet Amarone della Valpolicella,  2006 des Castagnedi, domaine Tenuta Sant’ Antonio, dégusté hier soir… N’en déplaise à mes lecteurs tempérants, on trouvera ici de plus en plus de flacons.

Départ pour Vérone… Une robe rubis aux reflets violets. Un vin brillant, limpide. 

Agréable et puissant au premier nez, ce bel italien complexe offre des arômes animaux et empyreumatiques qui se précisent à l’aération par une belle odeur de tabac blond et de cuir neuf. 
En bouche l’attaque est franche. Bien charpenté, généreux en alcool et long en bouche ce vin est harmonieux. Si la bouche confirme le nez, on peut également goûter une pointe cacaotée inattendue et bienvenue.
Ce vin se gardera très facilement quelques années (5 à 8 ans selon le sommelier Christophe Gillon, présent au restaurant l’Impro’ Vista où le vin était proposé à la dégustation).
J’imagine tout à fait boire ce vin avec une viande alla gremolata ou un risotto au goût soutenu (à base de truffes ou al nero di seppia).
La Valpolicella est une région de la Vénétie, au Nord de Vérone, moins connue auprès du grand public étranger que la Toscane et ses Chianti mais qui compte pourtant quelques uns des meilleurs vins d’Italie, dont l’Amarone. Je ne saurais que vous dire des cépages italiens dont j’ignore tout… Sachez toutefois que ce vin se compose essentiellement de corvina, avec une pointe de rondinella et de molinara.
alcool : 14,5 °
service : 18  °C
prix : ca. 40 euros (chez un caviste)


DE L’OENOLOGIE SELON MARIELLE ET TROIS MOTS SUR LA FIN DE LA MYOPIE OLFACTIVE

Le vin, cet univers viril, hermétique… Une image d’Epinal que Marielle Kubik écorne dès la première minute. Un regard azuréen, un franc sourire et, semble-t-il, 1 mètre 80 de pédagogie et de patience. J’imaginais être la seule jeune femme du cours débutant que cette vinidéfricheuse, comme elle se plaît à se qualifier elle-même, dispense au Centre Valeyre. Erreur encore une fois : la quinzaine d’aspirants oenophiles ne compte que deux hommes.     

Ce cours est une pépite égarée dans le marais parisien des séances de dégustation et d’œnologie, toutes plus chères et plus prétentieuses que les autres. Tout le monde veut aujourd’hui savoir comment organiser sa soirée cheese and wine. Parce que c’est connu, quand on aime le vin, on aime le fromage. Là encore nous sortons des sentiers battus : le fromage, notre professeur n’y tient pas plus que ça.

Encore un soulagement… Lorsqu’on me dit « ça sent le brûlé, non ? », moi je sens des choses mais pas spécialement le brûlé. J’ai donc toujours imaginé que j’étais myope de l’olfaction. Un drame intime et personnel en somme pour une gastronome dans mon genre. Une tare, une maladie honteuse dont on ne parle pas. Et dès le premier cours, j’interroge avec hantise : eh bien non, nous sentons tous des choses différentes, il suffit d’étalonner sa grille d’odeurs. Ouf, je respire ou plus exactement, je sens !

Sachez qu’il reste quelques places pour le module débutant du Centre Valeyre. Durant l’année nous aborderons différents thèmes (régions vinicoles, appellations, cépages, vinification etc.) tout en dégustant 3 vins par cours. Vous retrouverez sur le blog de Marielle toutes les informations nécessaires pour vous décider.

SUPERNATURE RUE DE TREVISE : CHEESEBURGER ET CARROT CAKE A TOMBER

Le neuvième arrondissement est un repère idéal pour le bobo gastronome et pas spécialement argenté. Je vous livre ici l’une de mes adresses préférées (à contrecœur il est vrai, eu égard à la difficulté d’obtenir une table pour y déjeuner en semaine). Chez Supernature tout est beau, tout est bon et tout est fait maison. Cette bonne adresse ne peut pas vraiment rentrer dans ma catégorie « que mange-t-on avec un ticket resto » puisque le plat est à 11 euros et la formule plat+dessert ou entrée+plat à 13,60, cela dit, faites vous violence et délestez vous de quelques piécettes supplémentaires pour un déjeuner avec supplément d’âme.
Je vous arrête tout de suite parce que j’en entends déjà râler. Non chez Supernature on n’a pas faim quand on sort. Non, Supernature n’est pas (seulement) une cantine girly (il arrive fréquemment que l’on y croise quelques mâles appétits du quartier). Non, Supernature n’est pas un repaire de veggies intégristes (laissez-moi vous parler du cheeseburger : certes couronné de graines germées, mais avec un steak saignant et juteux à souhait). 

La formule que je vous recommande est la suivante :

Cheeseburger aux graines germées et ses potatoes maison 
(parfois, ce sont des patates douces : à tomber)
*
Carrot Cake
Je ne pensais pas du tout faire un billet à propos de Supernature puisque ce jour là j’étais obsedée par l’idée de manger chez Kiku, chaudement recommandé par Very Easy Kitchen. Manque de bol, il n’y avait plus de place. Donc plan B : Supernature, en terrain connu : comme d’habitude, cheeseburger et carrot cake. 

Le cheeseburger est excellent, son petit pain doré couvert de graines de pavot est moelleux à souhait, le steak est impeccable. Les pommes de terre qui l’accompagnent sont toujours croustillantes et je me demande même parfois si la maison ne pousse pas le vice jusqu’à réaliser le ketchup. 
Aujourd’hui, j’ai surtout envie de vous parler du carrot cake, d’une part parce que je n’ai pas de photos du sus-dit cheeseburger et parce que celles du carrot cake font très très envie. C’est un dessert ménager parmi les meilleurs et la compétition est rude entre celui du Supernature, de l’Office ou même (en toute modestie bien-sûr) les miens (dont vous trouverez une version sur ce blog, libre interprétation du rich english carrot cake de Loukoum) et les muffins à la carotte de Thomas (dont je ne désespère pas d’obtenir un jour la recette).
La chose arrive dans un petit moule de pirex Duralex qui n’est pas sa évoquer la cantine de l’enfance. Riche en morceaux de noix et surmonté d’une couronne de chantilly/mascarpone à la saveur légèrement citronnée, saupoudré de graines de pavot, le carrot cake du Supernature ressemble à celui d’une dînette de poupée avec le petit moule à tarte cannelé dans lequel il est servi.


Supernature
Cantine nature et vente à emporter
12, rue de Trévise
75009 Paris
01 47 70 21 03

BRUNCH FACILE AVEC JAMIE OLIVER : PANCAKES ET BANANA HONEY CAKE

Un petit tour sur le site de Jamie Oliver, ça ne peut pas faire de mal (sauf aux hanches) pour se concocter un petit brunch du dimanche un tantinet british. Au passage, Lucie, la prochaine fois que tu passes par Montréal, demande la recette de l’omelette au Café souvenir où le brunch était si atomique…
La recette qui suit est terriblement dangereuse, à peine justifiable sur une table de filles, même pour un brunch, tant la chose est calorique. Mais assumons et chutons, puisque la gourmandise est un péché. Par ailleurs, sachez qu’il n’y a pas d’oubli dans cette recette : ce gâteau ne contient pas de farine, la poudre d’amandes joue ce rôle à merveille (quand je vous dis que cette chose est terriblement calorique, il n’y a rien d’euphémique).
Ce gâteau est tiré du 4ème magazin de Jamie, il s’agit d’une recette d’Abigail Fawcett. A l’origine il est réalisé avec des prunes. Comme nous sommes en pleine saison, il devait en être de même dans ma cuisine. Seulement voilà, de retour du marché, point de prunes dans mon panier… Ô rage, ô désespoir, quid du plum honey cake ?
C’est donc à ce moment précis que nous perdîmes l’acidité de la prune pour gagner la douce texture de la banane. Tant pis, ou tant mieux au dire des copines. Grâce à Josefina, fort en retard (la panne de réveil et le brunch vont souvent de pair) mais providentiellement accompagnée de son crumble aux prunes, nous avons tout de même pu avoir un bel aperçu du goût mordant de ce fruit de saison.
Banana honey cake
200 g de beurre en pommade
100 g de sucre blond
150 g de poudre d’amandes torréfiée
3 cuillères à soupe de miel liquide (acacia ou mille fleurs)
1 gousse de vanille
4 œufs
2 bananes
+
30 g. de beurre fondu
1 cuillère à soupe de miel liquide

Préchauffez le four à 180 °C.

Torréfiez la poudre d’amandes quelques minutes dans une poêle anti-adhésive.
Battez brièvement les œufs.
Mélangez le beurre pommade et le sucre jusqu’à obtenir une consistance légère. Ajoutez la poudre d’amande, les grains de vanille, le miel et les œufs. Disposez cet appareil dans un moule à manqué chemisé ou bien recouvert de papier sulfurisé. Répartissez sur la pâte les bananes découpées en rondelles de 2 centimètres d’épaisseur.
Enfournez et laissez cuire pour 25 minutes. Le gâteau doit prendre une belle coloration dorée. En fin de cuisson, sortez le gâteau du four, étalez dessus au pinceau (soyez particulièrement généreux sur les rondelles de bananes qui ne doivent pas sécher) le glaçage de miel et de beurre fondu (préalablement mélangés) puis remettre au four quelques minutes. 
Dégustez tiède avec un thé noir (au hasard : le thé Anastasia de Kusmi, je dis, ça… Je dis rien).
Une autre recette piquée chez Jamie… Là on s’est tellement goinfrées que je n’ai même pas (pensé) pris le temps de prendre quelques clichés. Cela dit, qui ne connaît pas l’aspect d’un pancake ? Je vous donne juste la traduction de la recette du plus rock des chefs car rien de plus simple et délicieux que ses pancakes USA stylie. Cette recette est tout aussi utilisable pour réaliser des blinis ou des Pfankuchen.
Pancakes USA stylie
3 oeufs
155g de farine
1 cuillère à café bombée de levure
Séparez les blancs des jaunes.
Ajoutez le lait aux jaunes d’œufs, mélangez puis ajoutez peu à peu la farine et la levure tout en mélangeant avec un batteur à puissance moyenne. Vous devez battre pour ne pas avoir de grumeaux.
Montez les blancs en neige ferme avec la pincée de sel puis incorporez-les au premier appareil.
Chauffez une poêle anti-adhésive, graisse-la légèrement avec de l’huile d’arachide sur une feuille de papier absorbant puis formez des disques de pâte de la taille de votre choix. Laissez cuire jusqu’à ce que des petites bulles se forment à leur surface puis retournez-les afin de faire dorer l’autre face.
Dégustez-les chauds.
Pour notre part nous avons mangé (dévoré) ces pancakes avec du maple syrup de Montréal, du dulce de leche argentin, de la confiture d’abricots de Provence de môman, du tzatziki maison et quelques tranches de bacon grillé (si quelqu’un possède le secret du bacon croustillant comme à NYC… Je suis prête à payer cher pour l’obtenir, faites-moi signe), un brunch cosmopolite en somme, le tout arrosé de jus de pommes frais tout juste centrifugé…
Les filles on recommence quand ? Cette fois avec des œufs benetict, des english muffins, des beans, des crumpets et le Manou à Paris (ramène nous des bonnes choses de UK s’il te plait !)

PANNA COTTA COINTREAU, COULIS DE FRUITS ROUGE, TUILE CACAOTEE ET SON CUBE DE GLACE FRAMBOISE


De passage à la librairie gourmande il a fallu (évidemment) que je reparte avec quelque chose : cette fois-ci, le dernier ouvrage de Bruno Cardinale L’école de cuisine aujourd’hui, du CAP au BTS (oui on a le droit d’avoir des rêves).
Je commence par la fin au chapitre des desserts… Chaque  recette permet à l’élève d’aborder différentes techniques de base.
La panna cotta au cointreau et son coulis de fruits rouges abordent :
– la base gélifiée
– la réalisation d’un coulis
– la pâte à tulipe et son façonnage
Comme dans tout ouvrage professionnel je re-découvre les joies des mathématiques (toutes les proportions sont indiquées en litre et en kilo avec des tas de zéro à virgule. J’ai envie de pleurer, les œufs, considérant l’utilisation d’ovoproduits, sont également donnés en litre). Je vous livre ici la traduction métrique à laquelle j’ai abouti mais si quelqu’un peut me dire précisément ce que 0,007 l de blanc d’œuf fait en unité d’œuf, je saurai avoir une oreille attentive).
Panna Cotta au Cointreau, coulis de fruits rouges et tulipe au cacao
(Pour 6 personnes)
Crème
500 ml de crème liquide
90 g de sucre roux
2 feuilles 1/2 de gélatine
50 cl de Cointreau
Coulis
150 g de fruits rouges surgelés
150 g de sucre
125 ml d’eau
1 demi citron
Pâte à tulipe
100 g de farine
170 g de sucre semoule
2 blancs d’oeufs
70 ml de lait
50 g de beurre
1 petite cuillère à café d’extrait de vanille
1 cuillère de cacao en poudre
Sel fin
***
La crème
Placer les verrines au congélateur. Faire tremper la gélatine à l’eau froide. Faire bouillir la crème et le sucre roux. Ajoutez hors du feu la gélatine égouttée. Une fois le mélange tiédi, ajoutez-y le Cointreau. Verser la crème dans les verrines et laisser prendre au frais.
Le coulis
Faire bouillir l’eau et le sucre pour réaliser un sirop. Dès l’ébullition retirer le sirop du feu et le verser progressivement sur les fruits rouges tout en mixant jusqu’à obtention de la consistance désirée puis passer au chinois.
La tulipe
Préchauffer le four à 200 °C. Fabriquer (bon courage) un cornet avec du papier sulfurisé.
Mélanger le lait, la vanille, le sel et le sucre. Verser ce mélange sur la farine tout en délayant délicatement à la spatule. Ajouter le beurre fondu puis le blanc d’œuf.
Prélever un quart de l’appareil, ajouter une cuillère de cacao amer pour lui donner une belle couleur chocolat.
Sur une plaque beurrée, coucher des bandes de pâte régulières de 12 centimètres sur 4 de large (plus épaisses au centre, pour que les bords ne brûlent pas avant que le centre ne soit croquant). Coucher avec le cornet des lignes parallèles de pâte cacaotée puis avec la pointe du couteau dessiner un décor marbré.
Faire cuire jusqu’à une jolie coloration blonde. Dès la sortie du four, former les tulipes avec des cercles ou un bocal de confiture pour obtenir de jolis berceaux.
Dressage
Verser le coulis sur la pana cotta, disposer quelques mûres sur l’assiette, un cube de glace à la framboise sur la tulipe et servir. Pour ne pas faire de pub : le sorbet framboise François Théron que vous trouverez chez Picard est excellent (9 euros le litre).

DEJEUNER CHEZ LAPEROUSE, PROMENADE ENTRE SOUS-BOIS ET POTAGER MEDIEVAL

Depuis quelques années, il est possible de déjeuner à de grandes tables pour une somme relativement modique lors de la semaine du goût. Le menu de Lapérouse s’offrait comme une promenade automnale : des sous bois de la Touraine aux potagers médiévaux. Ce restaurant fondé en 1766 est l’un des plus anciens de Paris, sis dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, le long de la plus belle avenue de la capitale : la Seine.
Le service y est tout à fait désuet, dans la plus charmante acception que peut prendre ce terme. Le temps s’arrête, les bruits de la circulation s’estompent et vous voilà en partance pour un voyage des sens. Voyage immobile certes, mais dans un lieu dont le nom ne va pas sans évoquer celui du navigateur dont nous perdîmes toute trace en 1788 alors qu’il se trouvait à bord de la Boussole…
Ce déjeuner était construit comme un chemin familier que l’on regarde un matin avec un œil neuf. Une promenade que je vais vous conter en image car tout cela se passe de commentaires.
Mise en bouche
tube de brick et émulsion de choux fleur
Mont Blanc de pied de porc pané
*
Salade de lentilles et bigorneaux
et son émulsion de lentille
*
Le cèpe en fin velouté
émulsion de lard fumé
brisures de pignons de pin torrefiées
*
Le filet de biche rôti aux agrumes
purée de carottes jaunes réglissées
cerfeuil tubéreux au jus
*
Potimarron confit à la vanille
crème glacée à la noisette
*
Beurre Bordier demi-sel
*
Château de Carles 2006
Constance et Stéphane Droulers
 
Restaurant Lapérouse
51, Quai des Grands Augustins
75006 Paris
01 56 79 24 31
restaurantlaperouse@wanadoo.fr
*
lundi au vendredi de 12h à 14h30 
lundi au samedi de 19h à 23h30

POÊLEE THAÏ AU CAJOU : KIT RECETTE à CUISINER BLUE ELEPHANT

« Seule devant la boîte en carton contenant la barquette plastique et son opercule à percer à la fourchette, elle rêva soudain d’un festin ».

 

Scène qu’il m’est arrivé de vivre bien des fois dans des chambres d’hôtel sordides (pour des missions professionnelles tout aussi peu passionnantes que le contenu de la barquette) et où le micro-ondes et le mini-frigo permettaient à l’hôtelier fourbe de rebaptiser ladite chambre de l’appellation pompeuse « studio privatif ».
Pour autant, certains soirs, la flemme aidant, se mettre aux fourneaux relève de la corvée. Mais, toute flemme qu’il y a, celle-ci est, chez moi, toujours en balance avec une haine farouche pour la barquette toute prête héritée de ces épisodes chaotiques de ma vie professionnelle.
Or, il se trouve que l’autre jour, le rayon légumes du Monoprix accusait une pénurie de botte de coriandre fraîche. Me voilà donc partie à l’assaut du rayon salades en sachet, herbes lavées, carottes déjà épluchées etc. Autant vous dire qu’il s’agit d’un lieu du supermarché où je roule rarement mon caddie. Cependant, ce jour là, j’y fis une découverte formidable, qui allait tomber à pic pour la flemme du lendemain soir…
Juste à l’angle gauche, bien caché sous un sachet de salade iceberg, un petit paquet coloré attire mon attention… Trois maïs nains, deux échalotes fushia, un beau piment rouge, quelques noix de cajou et des sachets de sauce et d’herbes séchées… Ah ça par exemple, voilà quelque chose de peu commun me dis-je. Je dégaine les lunettes et je lis : « Poêlée thaï au cajou, Kit recette à cuisiner. 10 minutes. 2 personnes ». Puis la marque « Blue Elephant Royal Thai Cuisine », inconnue au bataillon. Bon, la date d’expiration est presque à son terme, ça ne doit pas marcher du tonnerre comme produit mais les petites échalotes me font déjà de l’oeil : vendu.
L’emballage promet une préparation (cuisson comprise) en 10 minutes seulement. On vous mâche tout le travail. Chaque ingrédient contenu dans la barquette est photographié et nommé, ainsi pas de doute possible à la lecture du déroulé de la recette. Les ingrédients à acheter séparément sont très clairement indiqués : 200 grammes de filet de poulet (sur ma photo il s’agit des médaillons de dinde qui me restaient), une moitié d’oignon et 125 grammes de riz blanc. Rien de sorcier a priori mais peut être tout un monde pour un cuisinier novice.
L’occasion de se cuisiner un bon petit plat en 10 minutes sans passer chez Tang Frères et sans se retrouver avec des quantités bien trop importantes de produits que l’on n’utilisera peut être plus (ici la sauce au tamarin et soja ou encore les deux branches de kalé). Au déballage, et malgré la proximité de la date limite d’utilisation, les produits ont plutôt une jolie tête.
Flemmarde je vous disais, j’ai suivi les instructions à la lettre, en pilote automatique. J’ai tout de même remplacé le poulet par de la dinde et le riz blanc par des nouilles japonaises car il faut savoir se ménager une marge de manœuvre.
L’essai fut tout à fait concluant : savoureux (la liste des ingrédients n’indique aucun additif  bizarre, comme le glutamate, cher aux plats asiatiques tout préparés et vous êtes maître de la salière), pas fatiguant, peu onéreux. Idéal pour les gros flemmards, les débutants, les étudiants, les fauchés un peu gourmets, les nuls en cuisine asiatique (j’entre dans cette catégorie), les angoissés de l’improvisation ou encore de l’assiette vide.
Je ne demande qu’à transformer l’essai… Ôooo dieux du partenariat des blogs culinaires, si vous m’entendez… Faites que Blue Elephant exauce mes voeux et m’envoie d’autres petits paniers à tester : tartare thaï à la citronnelle, curry vert, massaman curry et soupe tom yom. J’irai prêcher la bonne parole au pays des gens qui vivent dans des « studios privatifs » équipés de plaques chauffantes.
EDIT : les dieux entendirent… Le festin fut grand !
Où trouver les paniers frais Blue Elephant ? 
Au Monoprix
A quel prix ? 
Environ 4 euros

LE GOÛT DE BARCELONE

Le décalage horaire est la seule chose difficile à vivre à Barcelone. « Comment ça le décalage horaire ? » objectent déjà certains. Théoriquement on ne change pas de fuseau horaire, certes. Mais le rythme barcelonais et le rythme parisien n’ont que peu de choses en commun.

Arrivée jeudi 8 octobre vers 20h, après une journée harassante à Paris, sous un pull-over à col roulé. La porte de l’aéroport s’ouvre… silhouettes noires des palmiers sur aplat soleil couchant, bienvenue en juillet ! Il fait 24 °C. A 21h30 nous commençons à peine l’apéritif. Le voilà… le décalage qui me tue les premiers jours dans la cité catalane… Déjeuner à 14h, dîner à 22h, coucher à 2h minimum et lever à 8h, parce que je suis incapable de changer aussi vite mes habitudes. Oui, il existe donc bel et bien un décalage horaire à 1h25 d’avion de Paris.
Par quoi on commence ? Quelques pica picaAlcaparrones et pa amb tomaquet. Les premiers sont des câpres mais en version jumbo (en France on appelle ça des caprons et c’est assez compliqué à dénicher), leur goût est plus subtil, moins acide que celui de leur cousin nain. Et le pa amb tomaquet est à Barcelone ce que la bruschetta ai pomodorri est à la Toscane, une chose toute simple et divine si vous avez LA tomate au goût de fruit.
Le Pa amb tomaquet de la Titane
De belles tranches de pain rustique
Une gousse d’ail pelée à vif
des tomates bien mûres
de l’huile d’olive
sel
poivre
Frottez le pain avec une gousse d’ail à vif et réservez. Passez les tomates à la grille pour en retirer la pulpe, salez, poivrez, ajoutez de l’huile d’olive pour lier puis étaler généreusement la mixture sur le pain. Le tout arrosé d’un verre de rouge catalan pour faire local. En principe les espagnols étalent directement la tomate coupée en deux sur le pain, mais il est très rare de trouver des tomates assez mûres et assez juteuse pour ce faire.
Il est minuit, l’heure de sortir… Un verre au Big Bang, quelques pas de mambo au Sifó. A Barcelone il est possible de rentrer dans les bars pour y danser sans consommer quoi que ce soit et par ailleurs les pakistanais vendent des bières à toute heure du jour et de la nuit, même dans des ruelles absolument inconnues des touristes et a priori désertes.

Ce billet devait, comme tous les autres, demeurer culinaire mais j’ai pris le temps de faire quelques détours… Déambuler à pied ou à vélo dans les rues de Barcelone est ce que je préfère. Juste avant que vos semelles ne vous lâchent après une journée de marche, courrez acheter une BD chez Continuarà qui propose un vaste choix en espagnol, anglais et français, souvent pour un prix dérisoire. Poussez ensuite jusqu’au bord de mer ou encore au Montjuic pour bouquiner tranquille.

En ce moment la fondation Cartier à Paris propose une exposition très courue… Né dans la rue. Consacrée au graffiti, elle attire les parisiens qui pourtant se scandalisent devant les œuvres sauvages des murs de Paris, notre superbe ville musée. Il faut croire que le parisien a besoin d’un cadre (en bois doré) et qu’il ne dépasse jamais lorsqu’il colorie… Tandis qu’ici, à Barcelone, les murs sont vivants.

Une fois que vous aurez bien tourné en ville, descendu Las Ramblas jusqu’à la colonne de Colomb, poussé jusqu’à Barceloneta puis enfin jusqu’au Port Forum (construit à l’occasion du Forum mondial de la culture en 2004 et aujourd’hui dans un quartier un peu à l’abandon avec des immeubles de luxe dont la construction, crise oblige, est aujourd’hui en suspend) revenez sur vos pas jusqu’au Quartier de Poblenou. Là, posez-vous sur l’un des cafés de la rambla centrale ombragée de platanes et, loin des hordes de touristes de la Plaça Catalunya, allez-y sur les tapas qui coûtent bien moins cher que dans les bars vaguement basques de Passeig de Gracià.
Puisque j’en parle, Passeig de Gracià est mon avenue préférée à Barcelone. Cet avis de touriste fait frémir Anne, barcelonaise depuis plus d’un an. Il est vrai que l’on y rencontre le pire en matière de restaurants et de magasins de vêtements, mais Gracià est aussi une allée moderniste magnifique. Les dalles octogonales aux motifs floraux, les lampadaires en fer forgé, la casa Amatller (passez-y acheter une boîte en fer de chocolat à la taza), la casa Batllo, la Pedrera, où va se tenir très bientôt une exposition sur l’œuvre de Maillol, ce qui me permet de découvrir que « Maillol était catalan. » 

Diantre on m’aurait caché des choses ! El Pais  se fait moins catégorique que La Vanguardia sur le sujet. Dans les colonnes du premier, il s’agit seulement de l’ « artiste franco-catalan ». Après une petite vérification, Aristide Maillol est né à Banuyls-sur-mer et fut élève au lycée de Perpignan. Si Maillol était attaché au pays catalan de son enfance, cela fait-il de lui l’artiste dévoué à la catalanité que nous présentent les grands quotidien espagnols ?! A voir.

Si vous souhaitez emporter avec vous un souvenir relativement authentique de cette avenue ô combien surfaite et touristique, prenez le temps de la gravir jusqu’en haut, de préférence le dimanche matin et poussez la porte de la casa Fuster. Un petit palace, un bijou moderniste dont le café Vienes sera alors tout à vous, au moins jusqu’à midi. Vous pourrez vous plonger dans les sinuosités des canapés aux coussins moelleux pour déguster un café americano assorti de quelques délicats biscuits aux noisettes. 

Comme le barman était seul, j’ai pu obtenir quelques recettes de cocktails, dont le Ninja, spécialement inventé par les barman du café Viernes pour une clientèle jeune et dorée… Très bientôt il faudra que je vous fasse ça.

Après une après-midi de shopping (oui, Anne aussi fait du shopping, surtout lorsque je suis là c’est vrai. Mais entre Mango, Sfera, Desigual ou Zara, faut bien non ?)… Un petit rituel de copines très calorique : manger un flap jack dans l’un des Buenas Migas de la ville. Qu’est-ce que vous y mangerez ? La cuisine d’un italien et d’une anglaise, émigrés à Barcelone, dont les recettes ont depuis fait florès, puisque vous trouverez près de 5 Buenas Migas en ville. Si vous avez un gros creux, nous vous recommandons donc le flapjack avec son petit pot de fromage blanc battu : un énorme pavé au muësli et au miel. Une chose bien roborative, beaucoup trop lourde pour ce mois d’octobre estival, mais un rituel est un rituel.

Il n’est pas une ville où je me sois rendue dont je n’ai pas le ticket d’un jardin botanique, d’un potager atypique ou d’un parc extraordinaire. Lorsqu’Anne m’a parlé du jardin au labyrinthe dans le quartier d’Horta (horta, comme… horticulture), la petite Alice qui sommeil toujours en moi s’est réveillée avec une furieuse envie d’y suivre le lapin blanc. Nous voilà donc parties vers le plus ancien jardin de Barcelone, conçu à la fin du 18ème siècle : palais néo mauresque, jardin chinois, labyrinthe central, kiosques à musique, topiaires et statues pour une pause hors du temps.

D’ailleurs, tout pousse à Barcelone, il ne gèle jamais. Une petite envie de verdure avant le retour ? Rendez-vous chez Hivernacle, un lieu atypique. On y aurait vu un centre culturel, un bar lounge branchouille, un atelier d’artiste, et non, c’est une jardinerie qui se cache derrière les murs de brique.

Barcelone est une ville peu frileuse en matière de design. Une petite adresse pour dormir design donc… L’hotel Emma, juste à côté d’une galerie qui présente en ce moment des oeuvres de Cinalli.

On a bronzé, on a dansé, on a bu et on a beaucoup cuisiné… Le poulet au curcuma avec sa sauce tomate et gingembre que je réclame à Anne des semaines à l’avance, le gaspacho de Tito, les pralines, la tarte à la confiture, les poires dashi pochées à la cannelle pour une tarte bourdaloue improvisée avec une crème d’amande au yaourt, la tarte aux prunes marinées dans le miel et la muscade. Mais tout cela n’a rien de bien catalan. J’ai fait une grande découverte culinaire toute bête : la farine intégrale donne un charme puissamment rustique à la pâte sablée. J’ai également appris à utiliser un four avec deux positions seulement (fort et faible) pour faire de la pâtisserie, utiliser une bouteille de vin au lieu de mon rouleau acheté tout spécialement chez Mora, je sors du cadre… Je me déparisianise (merci ma Titane).

J’oubliais. J’ai failli rater mon avion en faisant une dernière promenade sur Gracià lorsque je suis tombée chez Vinçon. Tout ce qui se fait en matière de design culinaire est là. Même les ustensiles de Ferran Adrià, Faces. Du beau, du pratique, du chic et la collection intégrale des mugs Pantone !

Carnet d’adresses


Big Bang bar Oldies
Carrer de Botella 7
08001 Barcelona


Bar Sifó
Carrer d’Espalter 4
08001 Barcelona


Librairie BD Continuarà
via Laitana 29
08003 Barcelona
www.continuara.org


Jardinerie Hivernacle
Melcior de Palau 32-36
08028 Barcelona
www.hivernacle.net


Parc del Laberint d’Horta
Passeig dels Castanyers 1
08035 Barcelona


Café Vienes
Hotel Casa Fuster
Tout en haut de Passeig de Gracià
5,70 euros le café americano mais ça vaut le coup !


Buenas Migas
Maremagnum
Plaça Odissea
08001 Barcelona
www.buenasmigas.es


Hotel Emma
Carrer Rosselo 205
08008 Barcelona
www.room-mateshotel.com

Mito Galeria d’Art Contemporani

Ricardo Cinalli, Endemoniados
Carrer del Rossello 193
08008 Barcelona

Vinçon
Passeig de Gràcia, 96
08008 Barcelona
www.vincon.com

Et bien-sûr, même si je n’en ai pas parlé ici…
Barcelone regorge de marchés aux étals fantastiques.
Un petit tour à la Boqueria pour le Belotta Pata Negra, 
la boutargue moins chère qu’en France, les jus de fruits frais, 
les graines en tout genre, les bonbons, etc.

GYOZA VERSION LIGHT

La photo ne met pas vraiment le plat en valeur mais on m’a tellement demandé la recette que je finis par la poster…
Pour 35 à 40 carrés de pâte à won ton ou gyoza (dans les épiceries asiatiques) :
200 g de rôti de porc
200 g de nirâ (de la cive ou de l’oignon nouveau avec sa tige verte)
200 g de choux vert
deux cuillères à soupe de sauce mam
deux cuillères à soupe d’huile d’olive
une cuillère à soupe de vinaigre de riz
une cuillère à soupe rase de gingembre en poudre (si vous le trouvez frais, rapez-en 50 g)
un bouquet de coriandre
un cube de bouillon phô
wasabi
sel
poivre
Hachez les ingrédients puis mélangez-les intimement pour obtenir une farce. Farcir chaque carré de pâte  puis repliez les bords en les collant avec un doigt légèrement humidifié.
Cuire dans le bouillon de phô frémissant pendant quelques minutes. égouttez et servir chaud avec une sauce soja sucrée ou salée et quelques grammes de pâte de wasabi. Ces gyoza light peuvent aussi se faire à la poele ou en friture : vous perdrez par contre l’effet basse calorie !

OU IL APPARAIT QUE KAYSER EST BIEN PATISSIER ET NON TRAITEUR

Chaque matin mon vélo et moi nous traversons la rue du Bac et nous passons devant une institution du 7ème

arrondissement de Paris : la boulangerie-pâtisserie Eric Kayser. Ce matin, enfin, j’ai pris le temps de m’arrêter. Comme chez Matsuri, il y a une contrainte : manger pour 10 euros, soit un ticket restaurant. Au menu de ce midi donc : une salade italienne et une tarte au citron.
La roquette de la salade italienne présente quelques feuilles déjà fanées, elle s’accompagne d’une laitue basique, sans intérêt gustatif particulier. Le jambon de Parme et la coppa sont excellents tandis que je ne peux déterminer avec certitude si la mozzarella est ou non de bufala car il n’y a qu’une seule boule de celle-ci (oui Mesdames et Messieurs, une seule). Deux tranches d’aubergines grillées huileuses complètent ce tableau médiocre. Signalons toutefois une étonnante brunoise* de courgettes au vinaigre et la petite bouteille de vinaigrette à l’Olivier qui rappelle les voyages sur les lignes Air France.
Pour le packaging la copie est à revoir : aucun effort de design, une boîte de plastique et de carton sans intérêt et aucune réflexion écologique. Si la boîte individuelle de la tarte au citron est sympathique, nous ne sommes pas pour autant à la Pâtisserie des rêves, ni chez Delmontel.
Il apparaît donc que Monsieur Kayser n’est pas un traiteur. Les salades, il ne sait pas faire. Mais la tarte au citron… Une pâte sablée distinguée, fine, croquante mais pas cassante qui laisse toute sa place pour un lemon curd de deux centimètres d’épaisseur, léger, pas du tout acide sans pour autant imposer une saveur outrancière de sucre… Le tout laqué par un abricotage subtil et parsemé de nano zestes de lime. Impeccable. Une étiquette de chocolat sympathique signe l’objet, c’est parfait. Monsieur Kayser, oubliez les salades italiennes, de grâce, revenez à votre métier !
18, rue du Bac
75007 Paris
01 42 61 27 63
Fermé le lundi
*J’ai appris ce week-end que j’avais des lecteurs silencieux.Qui trouvent cependant que, parfois, le vocabulaire manque de clarté. Donc, pour Anne, PM et les autres, une brunoise est une découpe, en petits cubes de taille identique, à peu près d’un demi centimètre.

A LA MERE DE FAMILLE, BONHEURS D’ENFANT ET PLAISIRS D’ADULTE

Un chagrin d’amour, quelque chose à fêter, un goûter d’hiver, une glace en été, les marrons glacés à Noël… Il y a toujours une excuse recevable pour faire un détour A la mère de famille et cela dure depuis près de 200 ans.
Voyage en confiserie, mais aussi voyage dans le temps… Rien n’a bougé depuis 1761. La devanture, la caisse, les comptoirs de bois, les vitrines. Tout respire le « à l’ancienne », « l’authentique » tant recherché par les consommateurs et tant utilisé par les services marketing (de Bonne Maman, de Reflet de France et tutti quanti). Mais ici c’est un peu plus vrai qu’ailleurs et même si la maison en rajoute un peu dans le « d’origine », je vous recommande les macarons rustiques. Vous pouvez même coller le nez à la vitre du laboratoire si vous vous rendez à la maison mère du Faubourg Montmartre pour regarder les marmitons macaroner.
A la mère de famille
Maison mère
33 et 35 rue du Fbg Montmartre
75009 Paris
01 47 70 83 69
Pas de souci,
une boutique dans le 17ème, deux Rive Gauche 
et même une perdue dans le fin fond du 94 à Saint Maur, comme quoi…
Quelques prix : 
Pour les Aixois en mal d’amandes,
à partir de 11 euros les 200 g de calissons 
*
Patientez jusqu’à Noël,
à partir de 7,90 euros les 3 marrons glacés
*
Et pour les macarons… j’ai oublié.

L’OFFICE, RUE RICHER, CARTE MINIMALISTE MAIS ASSIETTE GENEREUSE

L’Office est l’un des restaurants du 9ème arrondissement que je préfère (talonné il est vrai par quelques autres comme Autour d’un verre ou encore Supernature). Ce billet me rappelle à quel point je manque à tous mes devoirs… J’aurai déjà dû vous parler depuis longtemps de Grégory Lemarchand et du dîner de la Nuit Omnivore de ce mois de juillet ! Pourquoi j’y pense ? Hé bien tout simplement parce que le restaurant l’Office était le bébé voilà un moment déjà de Nicolas Scheidt, son beau-frère et qu’ils se sont croisés pour la première fois dans les cuisines de Jamie Oliver, icône culinaire de la perfide Albion.

Depuis lors, Nicolas Scheidt est parti vers d’autres contrées (bruxelloises paraît-il) mais les geeks du 9ème arrondissement viennent toujours à l’Office, et ils ont raison.
Jamie Oliver. Voilà un premier indice pour définir la cuisine que vous pourrez manger à l’Office. Le chef James Robson, officie depuis peu aux fourneaux. Il a fait ses classes aux côtés de Nicolas Scheidt et sa cuisine ressemble à celle de Jamie, notre chouchou d’Outre-Manche, avec des accents méditerranéens : le jeune chef avoue en effet une petite passion pour les cuisines italienne et espagnole.
Si le décor soigné de l’Office vous invite à une plongée dans un intérieur new-yorkais très senventies, ce qui vous arrive sur la table est un mélange (d)étonnant entre la cuisine ménagère british, as best as Mom’s beanfeast (mais comme si Maman avait passé des vacances entre Séville et la riviera italienne) et ce qui se fait dans les restaurant hype de Londres.
Il n’y a pas de carte, jamais. Sauf celle des vins, ces derniers, fort bien sélectionnés, feront cependant grimper allegro l’addition (9 euros le verre de vin des Pouilles… On s’en souvient encore).
Vous trouverez sur le tableau du jour : deux entrées, deux plats (dont un relatif, de près ou de loin à la marée) et deux desserts.
Ce jour là au menu vous auriez donc trouvé ceci :
Pour les myopes… Ce midi :
Velouté de potiron, œuf basse température
Salade gourmande (terrine, verdure, fromage)
*
Quasi de veau, pomme de terre, chorizo, sauce verte
Spaghetti tomates anciennes, poutargue et piments doux
*
Fromages du jour
Marquise au chocolat et sa glace vanille
 L’entrée commence très fort. La distinction des genres est sans appel. Velouté pour les femmes et Terrine pour les hommes. Le velouté est doucement épicé, l’œuf poché qui trône au centre est d’une cuisson impeccable. La courge muscade de Provence est parfaitement mise en valeur par quelques épices douces dont nous ne saurons rien… Secret de chef.
La terrine est honorable, si la salade manque d’une pointe d’originalité, les physalis se marient heureusement avec cette pièce rustique.
La suite devient magistrale avec des spaghetti cuit al dente, relevés d’un pesto de persil audacieux. La poutargue détaillée à la mandoline offre un goût puissant  à l’ensemble et contraste malicieusement avec la douceur des cubes de tomate à l’ancienne, le tout réchauffé par des piments doux dosés avec justesse.
Le quasi de veau est rosé, la purée comme un mash (qui n’est pas sans rappeler les origines british de notre cuisinier) est relevée par le pesto de persil. Les deux plats principaux, entre terre et mer se font écho grâce à cet aromate. Il est donc tout à fait permi de picorer dans l’assiette voisine. D’ailleurs, j’y pense pour les incultes : la poutargue ou boutargue, che c’é ? Le caviar de la Méditerranée, des œufs de mulet, séchés, compressés dans une fine pellicule de cire et que l’ont retrouve dans la gastronomie italienne, espagnole mais aussi maghrébine, turque etc.

Et là… Le dessert. On zappe l’assiette de fromage pour cette fois, bien que celle-ci soit souvent intéressante, agrémentée de fruits de saison et d’une pointe de miel, voire d’une confiture maison ou d’un chutney atypique (oui, on passe notre vie à l’Office).

Donc je vous disais, le dessert… La marquise au chocolat et ses à-côtés, car tout est dans l’à-côté. Une marquise ne se cuit pas, ce gâteau tient plus de la mousse au chocolat et peut vous plomber une fin de repas, sauf si…


…Sauf si la marquise au chocolat est intelligemment surmontée d’une quenelle de glace vanille d’exception, de quelques kumquats confits, de grosses mures de saison sucrées à souhait. Une dernière question me taraude, mais où est-ce qu’il trouve des kumquats confit celui-là ?
Pour résumer :
l’Office
3 rue Richer
75009 Paris
01 47 70 67 31
Le Midi,
Entrée, Plat et Dessert : 21 euros
Entrée et Plat ou Plat et Dessert : 17 euros
Vin au verre : entre 7 et 9 euros

RICH ENGLISH CARROT CAKE TRIBUTE TO LOUKOUM, BEAU A LA LOUCHE

L’original, parfait comme d’habitude, est ici chez Loukoum. J’ai changé deux ou trois petites choses pour le transformer à ma sauce et je me suis longuement interrogée sur le diamètre du « petit moule Konstantin Slawinski » de la demoiselle de Strasbourg. A présent je l’imagine à bords hauts et d’un diamètre relativement restreint, 15 cm tout au plus. Si j’avais eu la patience je serais allée vérifier directement sur le site Konstantin Slawinski et j’aurais su que mon moule à manquer de 25 cm de diamètre était bien trop grand. Ce qui donnera lieu à une deuxième version de ce rich english carrot cake (encore une excuse formidable).

Donc pour un gâteau à la carotte à géométrie variable vous aurez besoin de :

2 oeufs
80 g de sucre blond
70 g de beurre
80 g de farine de chataîgne bio
1 cuillère à café rase de levure chimique
1 cuillère à café de cannelle
100 g d’amandes en poudre
50 g de noix de pécan concassées
250 g de carottes rapées
80 g de raisin de Smyrne trempés dans le rhum (lorsqu’ils y ont macéré depuis des jours et des jours c’est mieux encore)
1 sachet de sucre vanillé
1 pincée de sel

Préchauffez le four à 180 °C.

Fouettez les oeufs et le sucre jusqu’à ce qu’ils moussent, ajoutez le beurre fondu, la farine de chataîgne en continuant de remuer à la spatule puis le reste des ingrédients.

Faire glisser cet appareil (très dense, compact, il ne lèvera pas beaucoup, ne bougera pas beaucoup) dans un moule étroit et haut que vous aurez préalablement chemisé. Tassez l’appareil et enfournez le carrot cake pour 45 minutes.

Attendez que le gâteau soit froid pour le déguster avec un thé noir (Anastasia de chez Kusmi pour un gouter british impeccable).

Vous pouvez réaliser ce carrot cake dans des moules à muffins que vous remplirez à hauteur avec l’appareil.

LA PATISSERIE DES REVES, UN CAUCHEMARD POUR VOS HANCHES ? COMMENCEZ PAR MATSURI !

Tout le monde en parle, j’y pense depuis une semaine et ce matin sur le blog Et Toque ! La vidéo interview de Philippe Conticini a fini de me décider. On a commencé tout doucement cette pause déjeuner en allant chez Matsuri : 10 euros en poche pour le japonais sur rails, c’est sûr qu’ensuite il nous restait un petit creux conséquent pour une merveille au pays du sucré.

Matsuri, vous connaissez le principe ? Les petites assiettes hors de prix défilent et vous les attrapez au vol… Rigolo mais pas nourissant.

Passons donc aux choses sérieuses. La pâtisserie des rêves… Une paire de collants fushia tombe en arrêt devant la pâtisserie couleur taupe, hésite, repart puis cède à la tentation du moment. Tout est sous cloche lumineuse, le décor est épuré. Les vendeuses sont en robes blanches enfantines mais perchées sur talons aiguilles. Tout invite à la gourmandise.



Laissez-vous tentez par un Paris-Brest revu et corrigé avec un coeur coulant…

Ou bien craquez pour une tarte Tatin au feuilletage de pommes golden confites avant d’être caramélisées comme une Tatin classique…


A moins que vous ne préfériez honorez les produits de saison avec ce fruitier aux quetsches, variation design et éphémère du célèbre fraisier.


Et si vraiment l’idée d’un tel goûter à 14h vous effraie, sachez que la viennoiserie n’est pas en reste chez Philippe Marcolini… Une folie, une brioche au sucre, un secret aux noisettes ?

Et voilà, c’est fini et si vous en voulez encore c’est là, juste en bas. Et demain ? Dégustation de Wagashi chez Toraya, toujours nippon mais raffiné et efficace.

Matsuri
74, rue du Bac
75007 Paris
www.matsuri.fr
01 45 49 19 92

La pâtisserie des rêves
Philippe Conticini
93, rue du Bac
75007 Paris
www.lapatisseriedesreves.com
01 42 84 00 82

Milanais au confit de rose

Qu’est-ce que la crêpe Gigi ? Hé bien la crêpe Gigi c’est une fine couche de sarrasin saisie dessus dessous et parsemée de pétales de roses tièdes »

Les Bronzés font du ski, Patrice Leconte, 1979.

On connaît le choix que fera le client de la malheureuse Gigi, héroïne prétentieuse et frustrée des Bronzés. Mais pourtant, la pétale de rose est un mets délicat apprécié depuis longtemps dans la cuisine orientale et qui se taille aujourd’hui une place au soleil dans les assiettes des gourmandes girly. Il s’agit juste de dépasser la sensation que vous êtes en train de manger votre coton imbibé de démaquillant… Certaines n’y arriveront jamais tandis que d’autres sont déjà conquises par cette idée.

Pour une trentaine de biscuits :

250 g de farine 125 g de beurre 125 g de sucre De la confiture d’abricot Du confit à la rose 1 oeuf 1 jaune d’oeuf

Dans un grand saladier sabler la farine et le beurre entre eux. Ajoutez le sucre, pétrir puis ajouter l’oeuf entier, mélanger à la spatule puis finir en pétrissant à la main. Fraser ensuite la pâte et la réserver au moins 30 minutes au frais.

Etaler la pâte sur une épaisseur de 5 mm puis découper des biscuits à l’emporte-pièce.

Préchauffer le four à 180 °C.

Disposer la moité des biscuits sur une plaque recouverte de papier sulfurisée. Disposer sur chaque biscuit une cuillère à café de confit de rose pour les aventurières ou bien de confiture d’abricot pour les peureuses.

Recouvrir les biscuits avec leur moitié, souder soigneusement les bords de ceux-ci avant de les dorer au jaune d’oeuf restant.

Enfourner pour une dizaine de minutes jusqu’à ce que les milanais soient dorés et craquèlent légèrement sur le dessus.

Où trouver du confit à la rose ? A la confiserie Florian de Nice (qui a la bonne idée de vendre ses douceurs par correspondance).

Pour rester dans l’esprit du voyage, entre jardin anglais et patio oriental, découper une pêche jaune en quartier et la saupoudrer de sucre à la rose Alsa (j’ai mangé ça chez Marie, malgré la marque bien connue je n’en n’ai jamais aperçu le moindre sachet dans une épicerie et pourtant… j’en veux ! On en trouve partout au Maghreb mais pas ici. Le produit se vend même sur ebay, il faut croire que la denrée est précieuse).

YUZU CUBE D’ARNAUD DELMONTEL


Encore une bonne adresse… Je n’ai pas arrêté de cuisiner mais l’envie de poster se fait rare. La faute à l’ordinateur toute la journée au boulot ! Heureusement que le 9ème arrondissement regorge de bonnes adresses à vous faire découvrir. Encore une petite infidélité à la bento box, je suis faible, que voulez-vous !

Ce midi rendez vous à La Renaissance, le fief du pâtissier Arnaud Delmontel pour un petit extra asiatique, le Yuzu Cube. Une création 2009, loin des bavarois classiques.

Quatre parois de chocolat blanc, une génoise cacaotée, un streusel nature et enfin une mousse citronnée et amère proche du citron bergamote. Croquant, moelleux, aérien, acide, amer et sucré, trois goût et trois textures dans un seul petit cube. Une belle prouesse de pâtissier voyageur.

Vous ne manquerez pas de noter la beauté de la photo en macro (comme quoi les bons outils font parfois les bons ouvriers).

Boulangerie – Pâtisserie – Traiteur
La Renaissance
39, rue des Martyrs
75009 Paris
01 48 78 29 33

VACHERIN AUX FRUITS ROUGES… NOUS IRONS TOUS EN ENFER

Sans commentaire, nous irons en enfer… Vacherin maison aux fruits rouges, 8 euros


Le Paparazzi

6, Square Opéra Louis Jouvet
75009 Paris

09 75 20 57 15

RESERVATION INDISPENSABLE

MASH DE PATATE DOUCE AU GINGEMBRE

C’est désert par ici…

Dois-je pour autant vous faire subir les photos de ma lunch box quotidienne (même si elle ne me quitte plus depuis le printemps et même si c’est la même que Requia) ? Certaines font ça bien mieux que moi (rendez-vous chez French Bento si vous êtes à court d’idées pour les prochains lunch au bureau. Vous connaissez, le déjeuner devant l’ordi, en ruinant le clavier avec vos miettes de gomasio).

Pourtant j’ai essayé des tas de choses en matière de cuisine, de restaurant, de vins, de douceurs depuis le 24 juin mais pas eu le temps de poster tout ça… Ce midi, au menu de Supernature : un cheese burger aux graines germées et patates douces sautées à tomber (tellement qu’on a même pas pu prendre de dessert).

La patate douce ésseulée dans le fin fond du bac à légume du frigo s’est alors rappelée à mon bon souvenir… Pourquoi pas un petit mash épicé ? « Ouais une purée » vous allez me dire ? Hé bien non, le mash et la purée ce n’est pas la même chose dans deux langues différentes ! Dites ça à Patricia, vous verrez comme vous serez bien reçus !

Tout est affaire de consistance : pour faire bref, la purée est lisse (agrémentée de beurre, de lait et de crème) tandis que le mash s’apparente plus à l’écrasé de pomme de terre, avec des grumeaux, des irrégularités. Et puis le mash, c’est so chic. Donc me voilà partie pour un mash de patate douce à 23h30 juste après l’orage.

Pour une personne :

– 250g. de patate douce lavée, épluchée à l’économe et coupée en morceaux grossiers.
– quelques pluches de persil
– une pincée généreuse de gingembre en poudre
– un KUB bouillon pour légumes
– sel, poivre

Faire bouillir un litre d’eau avec le KUB. Plonger les morceaux de patate douce dans l’eau et faire cuire à feu moyen jusqu’à ce que la patate douce soit tendre (la pointe de votre couteau doit s’enfoncer sans peine dans la chair du légume). Ajouter des pluches de persil hachées.

Ajouter le gingembre en poudre en fin de cuisson. Egoutter puis écraser à la fourchette dans l’assiette. Et voilà… Si il n’y avait pas de gingembre ça serait de la purée pour les petits pots de bébé… Mais moi j’ai mis du gingembre, c’est toute la différence non ?

La prochaine fois que je reviens ça devrait être plus inventif.. Un récent partenariat avec Festalgue (me voici équipée en Kombu royal, en dulse, en laitue de mer, en wakamé et nori ) devrait nous emmener hors des sentiers battus !

MUFFINS GRIOTTES LIGHT… CERISES, LA SUITE !



Enfant, on délaisse souvent la griotte au profit de la burlat, mais moi je suis une grande fille et la griotte j’adore ça. Cette petite bille aigrelette qui résiste un tantinet sous la dent avant de céder, vous voyez ce que je veux dire ?

Sans y prendre garde cette phase griotte a commencé sournoisement avec la recette de la Forêt Noire pour la fête des mères. J’avais acheté deux pots au cas où j’aurais eu besoin de griottes supplémentaires pour la décoration. Il m’est donc resté sur les bras un pot de 700g. de griottes au sirop Monoprix…

Mais que faire de toutes ces griottes ? Il n’est pas décemment envisageable d’entamer une phase forêt noire (bien que cette recette gagnerait à être perfectionnée) à quelques semaines de l’épisode préféré de votre été, à savoir : « il-va-falloir-que-toutes-les-filles-gourmandes-rentrent-dans-le-maillot-de-bain-de-james-bond-girl-acheté-pendant-les-soldes-une-taille-trop-petite« …

Alors, la tête pleine de griottes et l’estomac vide, on erre sur la blogosphère culinaire et l’on arrive chez Peggy qui partage sa dolce vita de journaliste gourmande et ex-khâgneuse (le détail a son importance, la dame possède une plume extra !) entre Rome et Paris. Ce fin bec possède certaines idées sur l’art du petit déjeuner et là…

Fiat Lux ! Farine + Sucre + Oeuf + Yaourt + Griotte = Muffins à la griotte ! Pas de beurre, pas d’huile, pas de culpabilité… J’ai même calculé l’apport calorique mais c’est un blog de cuisine ici, pas un blog de diététique, donc je vous épargne tout ça. Retenez seulement que vous pouvez y aller sans prendre un risque inconsidéré pour la courbe qui doit entrer dans le maillot de bain d’Ursula Andres.

MUFFINS LIGHT A LA GRIOTTE… DOCTEUR NO N’A QU’A BIEN SE TENIR !

Pour 6 muffins :

150g. de farine
1 demi yaourt nature
70g. de sucre
1 oeuf 2 c. à c. de levure
1/2 c. à c. de sel fin
200g. de griottes au sirop
quelques cuillères du sirop de griottes

Préchauffez le four à 200°C.

Mélangez le sucre, l’oeuf et le yaourt. Faites mousser puis ajouter les griottes

Mélangez la farine la levure et le sel. Puis ajoutez cet appareil au premier en remuant grossièrement. Vous pouvez allonger cette pâte avec du jus de griotte si celle-ci est trop épaisse.

Versez la pâte à muffins dans des moules individuels chemisés ou bien dans des moules en silicone.

Enfournez une vingtaine de minutes jusqu’à ce que les muffins soient dorés.

Chère Peggy, je reviendrai… La photo n’a même pas eu le temps d’être prise, tout était déjà dévoré !

Il me reste encore des griottes, je vais sévir version salée maintenant, si si, si je vous le dis…

MOSTOFFLAIT : FROMAGE A BASE D’ESTRAGON…

Le mostôfflait est un fromage battu « mousseux » (comme le MOS de mostôfflait) originaire de Champagne et contenant de des fines herbes. l’accent circonflexe qui a tant étonné les linguistes s’explique par la contraction de « tôt fait » (donc pas d’histoire de « s » comme dans hôtel, hôpital etc.) Merci les encyclopédies et les rats de bibliothèque ! Vous trouverez un bon article détaillé sur www.keldelice.com (à vous de chercher où il se trouve dans ce site où vous trouverez des merveilles …