marmelade d’oranges amères

C’est (la fin de) la saison des oranges amères. Si vous aimez la marmelade, voilà l’occasion ou jamais de vous lancer avec une recette très simple. A vous de voir si vous préférez la marmelade en brunoise ou en lamelles. A ce propos vous pouvez lire cet article très documenté de Scally, du blog C’est moi qui l’ai fait où l’on y découvre deux ou trois choses sur son anglais de mari. J’attends une année où j’aurai beaucoup d’oranges amères pour utiliser sa recette qui me semble complexe mais dont le résultat est très tentant.

recette confiture marmelade orange amèr

Pour 400g d’oranges amères (soit 3 oranges) :
800g+200g de sucre semoule
80cl d’eau
+
Un carré d’étamine ou une gaze médicale pour enfermer les pépins
de la ficelle alimentaire

48h à l’avance :
Lavez les oranges, ôtez la peau et conservez-la précieusement. Prélevez tous les pépins et placez-les dans la gaze puis nouez-la comme un baluchon avec la ficelle. Coupez la chair en petits morceaux puis la peau soit en petite brunoise (en petits dés) ou en lamelles. Mettez le tout dans votre cocotte ou bassine à confiture ou tout autre contenant à fond épais et allant au feu. Ajoutez l’eau, couvrez et laissez tremper le tout 48 heures.

Le jour même :
Nettoyez des pots en verre et leur couvercle à l’eau chaude et séchez-les soigneusement. Mettez la gamelle au feu sur un diffuseur de chaleur et laissez frémir (veillez à ne pas laisser bouillir) pendant deux heures. Ajoutez 800g de sucre semoule, mélangez à l’aide d’une spatule en bois et portez cette fois à ébulition et faites cuire à gros bouillons pendant 20 minutes. Ôtez du feu, laissez refroidir une demi heure puis ajoutez les 200g de sucre restants et portez de nouveau à ébulition pour 5 minutes. Mettre en pot à chaud et fermez rapidement les pots. S’il vous reste du jus, gardez-le également en pot, chauffé et dilué à l’eau et au rhum il est parfait pour imbiber les babas. Vous pouvez couper le goulot d’une bouteille plastique pour vous aider à remplir les pots sans en mettre à côté si leur encolure est étroite (par contre ce plastique supporte mal la chaleur, ne versez pas directement une masse de marmelade chaude dessus !).

comment-remplir-facilement-des-pots-de-confiture-etroits

L’amertume est un goût qui s’apprend et se cultive avec les années. Je vous renvoie à la critique de Pudlowsky d’un petit ouvrage, L’Amer,  d’Emmanuel Giraud qui a passé un an à la Villa Médicis à Rome où il a eu l’occasion d’appréhender l’amertume transalpine chère au coeur de nombreux gastronomes.

marmelade-oranges-ameres-double-photo
Vous voulez gagner le livre de recette d’Eric Fréchon Tout ce que vous devez avoir goûté au moins une fois dans votre vie ? Participez au concours !

Le problème avec la cuisine espagnole…

fruits et légumes sur le lavoir de Guadalest, Espagne

La cuisine espagnole est un sujet glissant, huileux s’il en est… La gastronomie ibérique s’enorgueillit pourtant à l’étranger de nombreux produits très prisés comme ses huiles d’olive ou encore le jambon (Bellota, Serrano, Jabugo, Ibérico…) tandis que Ferran Adrià appartient aujourd’hui à un aréopage de cuisiniers mondialement connus et encensés.

Ce pays de soleil, de montagnes et de rivages méditerranéens, devrait offrir une cuisine traditionnelle absolument à tomber, basés sur des produits succulents, comme l’est celle de ses voisins d’en face, les Italiens. Difficile dans la péninsule italienne de mal manger sur le pouce, tratorria et marchés proposent tout au long des rues des mets aussi simples que savoureux.

fruits et légumes sur le lavoir de Guadalest, Espagne
Directement du producteur au consommateur. Fruits et légumes sur le lavoir de Guadalest.

Or il n’en est rien en Espagne, puisque tout semble baigner dans l’huile à moins d’aller vraiment mettre le prix dans des établissements très huppés ou d’avoir la chance de manger chez l’habitant. Mais quelle terrible manie tout de même ! Lire la suite « Le problème avec la cuisine espagnole… »

PÂQUES : DES OEUFS EN EDITION LIMITEE ET UN JEU DE PISTE GOURMAND ENTRE CHOCOLAT ET MUSEES !

La Chandeleur et Mardi Gras ont marqué la fin de l’hiver et dans quelques semaines Pâques ouvre la saison gourmande du printemps 2010 ! Que vous soyez famille option quatre enfants ou célibataire furieusement accro au luxe et au shopping j’ai trouvé l’œuf de vos rêves…
Le dimanche et lundi de Pâques, le Centre des monuments nationaux invite les enfants entre 5 et 12 ans à participer à des jeux de piste en famille dans 52 de ses monuments. D’indices en énigmes, ils découvriront sous un jour inattendu et amusant châteaux, parcs, forteresses, sites archéologiques…Tout en redécouvrant la fête de Pâques.

Au programme du dimanche 4 et du lundi 5 avril 2010 : recherche d’indices, énigmes à résoudre en lien avec l’histoire, l’architecture et les grands personnages qui ont habité ces lieux. Une récompense attend tous les participants : des œufs en chocolat et des cadeaux !

Pas d’enfant ? Toujours gourmande et besoin d’une excuse impayable pour vous adonner à ce plaisir régressif ? Pas de problème, Jean-François Foucher, le chef pâtissier du Park Hyatt Paris Vendôme a pensé à vous avec…

Un œuf « trésor », sculpté à la main dans le chocolat, véritable bijou Inca couleur bronze, renfermé au cœur d’une boîte en bois sur mesure. L’œuf garni sera ensuite mis à la vente, en édition limitée, à partir du 29 Mars, au tarif de 65 €.  L’œuf est également disponible sur le site www.madeleinemarket.com : 65€ + 15€ de frais de livraison (Paris et alentours uniquement). »
Toutes les informations et la liste des Monuments Nationaux participants à l’opération sur www.monuments-nationaux.fr

UN PEU DE MIKA COLA AVEC VOTRE WHISKY ?

Que boira-t-on lors de nos folles nuits ce printemps-ci ? Du coca. Jusqu’ici rien de très neuf ! Mais depuis 2005 Coca Cola invite une personnalité du monde des arts à designer la bouteille club coke 25 cl. Le chanteur Mika et sa sœur Yasmine ont créé pour l’édition 2010 un univers pop et onirique qui évoque le bonheur… La hapiness bottle est née !
Vous la trouverez dans les clubs les plus hype mais aussi dans les Monoprix qui ne perdent pas une occasion de se la jouer épicerie trendy. Si vous foncez chez Colette vous pourrez peut-être y trouver encore le coffret collector pop up qui abrite une hapiness bottle.
Toute cette débauche de couleur n’est pas vaine. Mika a souhaité soutenir le programme «adolescents» mené par la Fondation Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France. Ce programme aide à la création, sur l’ensemble du territoire, de Maisons des adolescents, lieux d’accueil et de soins pour les jeunes en souffrance.
Quelques mots de l’artiste : « J’ai voulu créer un univers très fort pour cette bouteille : je me suis efforcé de conjuguer différents thèmes, tous riches et captivants. Ainsi les éléments naturels (l’herbe, l’arbre et les nuages) se mêlent à des éléments d’un autre monde (les personnages tribaux), à des objets surréalistes (la théière souriante) et à des symboles d’espérance et de liberté (les colombes et les clés en or qu’elles portent, ainsi que le soleil souriant) ». Chanteur, designer et généreux : les fans de l’artiste pourront gagner dès le 11 mars sur http://www.happiness-bottle.fr  leurs places au concert événement qui aura lieu le 15 avril dans une salle de concert parisienne dont le nom est encore tenu secret à ce jour. Enfin un disque d’or dédicacé par l’artiste et des rencontres exceptionnelles seront à gagner. 
Toutes les infos dès le 1 mars sur www.happiness-bottle.fr
Dans votre Monoprix début mars :
1 euros à 1 euros 50 pièce la bouteille club de 25 cl.

Chez Colette depuis le 26 février :
35 euros le coffret pop up avec une bouteille club de 25 cl.

MOUSSELINE DE POIRES WILLIAM A LA STEVIA

La stevia (ou stévia) laisse nos députés européens très perplexes. La poudre tirée des feuilles de ce petit arbuste sud-américain est bien connue des mangeurs « alternatifs » européens. La médecine douce lui reconnaît des vertus : la stevia favoriserait la baisse de la tension artérielle et ferait baisser la glycémie.

Quel rapport, me direz-vous avec les couloirs de Bruxelles et le ministère de l’agriculture ? La stevia possède un goût sucré intense. La steviose, cette molécule « sucrée » a été isolée voici quelques années par les biologistes. Seulement si son pouvoir édulcorant semble sans danger pour l’usage alimentaire, son classement (et donc son autorisation de mise sur le marché !) donne du fil à retordre aux bureaucrates car la structure moléculaire de la stéviose ne ressemble à aucune autre et certainement pas à celle du glucose… Je m’arrête ici car je m’occupe de cuisine et non de biologie.
Alors la poudre de stevia, c’est comment ? Ça a quel goût ? D’une couleur vert soutenu, à peine moins intense que le vert du thé matcha, dont elle évoque un peu le goût. Mais on pense aussi au maté argentin ou encore au bâton de réglisse lorsque l’on porte à la bouche une infime quantité de poudre.
On en fait quoi ? Un magnifique blanc-manger au lait d’amandes et poires dorées comme le suggère le Figaro Madame dans son superbe dossier de décembre 2009 consacré à la cuisine des Fermes de Marie. On peut également apprivoiser ce goût étrange dans une mousseline de poires avec une pointe de pomme granny-smith pour le piquant !
4 poires William
1 pomme Granny-smith
1/2 cuillère à café rase de poudre de Stevia
Épluchez les fruits. Détaillez-les grossièrement puis placez-les dans une casserole avec la poudre de stevia et un fond d’eau. Faites lentement compoter. Une fois tiédie, mixez la compote le plus finement possible au mixeur plongeant ou au blender. Chinoisez si vous avez le goût du perfectionnisme. Servez tiède.

L’IMPRO’VISTA MET LA CHARCUTERIE ITALIENNE A L’HONNEUR

« Al contadino non far sapere quanto è buono il cacio con le pere » (ne dites pas au paysan combien la poire est bonne avec le fromage). Charles Reboul, le Chef du restaurant Impro’vista, secondé de Davide Dalmasso de la Maison la Cambuse, ont fait mentir le dicton pour nous révéler quelques accords culinaires de la botte transalpine… Morceaux choisis.
La Ferla 2008
La robe est burlat avec des reflets violets. Brillant, limpide, ce vin offre au premier nez des arômes de fruits rouges. Au second nez on découvre de la griotte, voire de la mûre et enfin, quelques notes poivrées. L’attaque est franche. La Ferla est un vin équilibré, charpenté, généreux en alcool et moyen en bouche ; exclusivement composé de Nero d’avola, un cépage typiquement sicilien qui produit des vins d’une très belle structure. 
Avola, ville moyenne de la côte orientale, sise à une bonne vingtaine de kilomètres au sud de Syracuse, a offert son nom a un cépage emblématique de la Sicile et qui fait merveille sous le climat chaud et rude de cette île.
Le vin (à servir à 18 °) n’est qu’un prétexte pour vous parler des charcuteries et autres délices dégustés ce soir là. Mention spéciale pour le Lardo di Colonnata, charcuterie de l’An mil qui trouve toute sa place sur les tables d’aujourd’hui. Ce lard est élevé patiemment pendant six à huit mois dans des conques de marbre (n’oublions pas que Colonnata, à proximité de Carrare, est aussi un haut lieu marbrier) en compagnie de nombreux épices et aromates : gros sel, poivre noir, romarin, ail, sauge, origan, muscade.
Comment le déguster ? Déposez délicatement une dentelle luisante de lardo di Colonnata sur une tranche de pain bis, mordez et terminez par une lampée de Ferla. Recommencez… Savourez le contraste entre le fondant du lard et la légère résistance sous la dent de la petite bande de viande maigre.
 
Davide Dalmasso, venu en personne détailler ses charcuteries haute-couture, recommande son vinaigre balsamique extravecchio. Mûris pendant 25 ans dans des barriques de bois (indifféremment de cerisier, de châtaignier, de chêne etc.), les 250 litres initiaux se réduisent pour n’offrir à la consommation que 25 litres. de vinaigre. Ce miel sombre et acide présente de puissants arômes balsamique et empyreumatique*. Le pain et le parmesan accompagnent le vinaigre, et non l’inverse ! Mais sachez que le prix d’un tel flacon est aussi à la hauteur de ce grand moment de dégustation.
* Anne, ma sœur Anne (et lectrice curieuse), empyreumatique se dit d’une fragrance appartenant à la famille des odeurs brûlées, fumées, séchées, chauffées, torréfiées. En œnologie, le plus souvent, cet arôme est dû à l’emploi de fûts ayant subi un « brûlage » et qui offrent ainsi au vin des notes de vanille, de tabac, de caramel etc. Mais tout cela nous éloigne de notre propos.

Je m’arrête ici et vous laisse découvrir à une table de l’Impro’vista les charcuteries de Davide Dalmasso sublimées par l’art culinaire de Charles Reboul… Culatello, Guanciale di Colonnata, Procciutto à la truffe d’été, speck de sanglier

Le chef bouillonne d’idée et nous a offert la primeur de l’une de ses nouvelles création : le ravioli sucré aux éclats de châtaigne et nage tiède d’agrumes… Il faudra que je réétudie de plus près mon histoire de pâtes de lentilles ou d’azuki sucrées qui pourraient, elles-aussi, tout à fait finir en raviolis sucrés.

*
Restaurant Impro’vista
13, rue La Fayette
75009 Paris
01.53.20.18.00
Du lundi au vendredi
de 12h00 à 15h30 et
de 19h30 à 23h10 
(pour la dernière commande)
Samedi
de 19h30 à 23h10 
(pour la dernière commande)
Importateur La Cambuse
13, Av. Clément Massier
06220 Golfe Juan
04.93.63.77.32
(Attention pas de vente au détail !)

DANS LA PEAU D’UN CHEF… LE COUP DE FEU EN CUISINE COMME SI VOUS Y ETIEZ !

Vous avez toujours rêvé d’être une mouche pour connaître le coup de feu d’un restaurant gastronomique lors du service ? Lisez donc la suite.
Par un hasard tout à fait singulier, l’un de mes rêves d’enfant s’est réalisé : vivre ce coup de feu, connaître la montée d’adrénaline intense des employés d’une brigade de cuisine. Il y a quelques semaines je m’offrais un cours de cuisine avec une jeune chef à domicile. Le cours était formidable : j’ai appris nombre de tours de main et nous avons pu discuter ensemble de la vie des commis, des seconds, des chefs de partie d’un établissement étoilé. Au milieu du cours, il s’est passé quelque chose, à croire que les fées des fourneaux se penchèrent soudain au dessus de ma marmite !
La « petite main » habituelle de mon professeur était indisponible, le courant est passé tout de suite entre nous… C’est ainsi que je me suis retrouvée commis de cuisine le 31 décembre au soir pour un dîner assis de 25 personnes. J’ai été étonnamment sereine jusqu’au jour J et très touchée qu’elle me fasse ainsi confiance.
Résumons : deux cuisinières. Plus exactement, une Chef et une bleue pour un menu gastronomique de 25 couverts, service compris ! Un sacré challenge pour une débutante.
Le Jour J
La journée commence tranquillement. Nous jouons à tetris pour faire entrer tout ce qui doit l’être dans le coffre de la petite citadine (grande prise de conscience sur le volume de produits que nous allions devoir travailler). Puis départ pour le pays d’Auge. Deux heures de route, deux heures de discussion gastronomique, le bonheur !
Le lieu est magique : un manoir/haras superbe surplombant un joli vallon normand. Et que dire de la cuisine ! Du grès, deux fours, deux micro-ondes, deux lave-vaisselle,une plaque vitrocéramique du tonnerre, des couteaux japonais en céramique, un grille-pain transparent (mais si vous voyez de quoi je parle !), un chauffe plat en inox, une machine à café Nespresso intégrée dans les meubles, de la vaisselle Hermès, une armoire à vin habitée par des petits jésus en culotte de velours à chaque étage…
La Chef avait fait les courses dès le lundi et préparé en amont tout ce qui pouvait l’être dans son laboratoire : le velouté de truffes et champignons de Paris, la purée fine de pommes de terre, les coques des macarons, les appareils à mini-financiers au matcha, les ganaches aux trois vanilles (Bourbon, Tahiti et Madagascar), l’infusion de crème fleurette au speck etc.
Je suis là pour faire la plonge, débarrasser, dresser les assiettes, éplucher les légumes etc. Il est intéressant de voir que les employés autour d’un Chef sont tout aussi indispensables que lui : sensation très gratifiante, augmentée encore par les remerciements et les encouragements de celui-ci.
J’ai également la charge de la mousseline de coings. Éplucher des kilos de coings, les passer à la mandoline, puis les faire compoter patiemment dans le beurre jusqu’à la consistance voulue avant de les passer au blender puis de les chinoiser.
J’épluche, j’épluche, je lave, je lave et surtout j’écarquille bien grand les yeux et j’apprends. A à ficeler un rôti, à faire un chaud froid d’œuf, (plus curieusement) à nettoyer un radis dans les règles de l’art, à éplucher comme il faut une carotte ou des coings et à savoir quand (bien que les invités aient quitté la table) débarrasser les verres : si le verre est froid c’est que le champagne vient d’être servi et il y a de fortes chances pour que le propriétaire de la flûte revienne la chercher ! Évident, une fois qu’on le sait !
Il y a des feuilles d’or sur les macarons, des lamelles de truffe à profusion sur le velouté agrémenté d’une chantilly au speck. La truffe, parlons en de la truffe… Un monstre, 160 grammes d’un seul bloc trônant sur son lit de riz blanc dans sa boîte placée au frais pour lui garder toute son humidité et sa sapidité… Jamais vu ça !
Et un rêve d’enfant pour la table du fond, Un !
J’ai dû faire tourner une huitaine de machines et j’ai lavé un nombre incalculable d’assiettes, de marmites, de culs de poule et de couverts. Si je vous dis higitus figitus, ça vous parle ? Non, hé bien une petite vidéo pour illustrer mon travail de ce soir là !
Debout de midi à 3 heures du matin. Fourbue, cassée mais heureuse… Petit commis deviendra un chef, un jour peut-être…
To be continued

DE L’OENOLOGIE SELON MARIELLE ET TROIS MOTS SUR LA FIN DE LA MYOPIE OLFACTIVE

Le vin, cet univers viril, hermétique… Une image d’Epinal que Marielle Kubik écorne dès la première minute. Un regard azuréen, un franc sourire et, semble-t-il, 1 mètre 80 de pédagogie et de patience. J’imaginais être la seule jeune femme du cours débutant que cette vinidéfricheuse, comme elle se plaît à se qualifier elle-même, dispense au Centre Valeyre. Erreur encore une fois : la quinzaine d’aspirants oenophiles ne compte que deux hommes.     

Ce cours est une pépite égarée dans le marais parisien des séances de dégustation et d’œnologie, toutes plus chères et plus prétentieuses que les autres. Tout le monde veut aujourd’hui savoir comment organiser sa soirée cheese and wine. Parce que c’est connu, quand on aime le vin, on aime le fromage. Là encore nous sortons des sentiers battus : le fromage, notre professeur n’y tient pas plus que ça.

Encore un soulagement… Lorsqu’on me dit « ça sent le brûlé, non ? », moi je sens des choses mais pas spécialement le brûlé. J’ai donc toujours imaginé que j’étais myope de l’olfaction. Un drame intime et personnel en somme pour une gastronome dans mon genre. Une tare, une maladie honteuse dont on ne parle pas. Et dès le premier cours, j’interroge avec hantise : eh bien non, nous sentons tous des choses différentes, il suffit d’étalonner sa grille d’odeurs. Ouf, je respire ou plus exactement, je sens !

Sachez qu’il reste quelques places pour le module débutant du Centre Valeyre. Durant l’année nous aborderons différents thèmes (régions vinicoles, appellations, cépages, vinification etc.) tout en dégustant 3 vins par cours. Vous retrouverez sur le blog de Marielle toutes les informations nécessaires pour vous décider.

DEJEUNER CHEZ LAPEROUSE, PROMENADE ENTRE SOUS-BOIS ET POTAGER MEDIEVAL

Depuis quelques années, il est possible de déjeuner à de grandes tables pour une somme relativement modique lors de la semaine du goût. Le menu de Lapérouse s’offrait comme une promenade automnale : des sous bois de la Touraine aux potagers médiévaux. Ce restaurant fondé en 1766 est l’un des plus anciens de Paris, sis dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, le long de la plus belle avenue de la capitale : la Seine.
Le service y est tout à fait désuet, dans la plus charmante acception que peut prendre ce terme. Le temps s’arrête, les bruits de la circulation s’estompent et vous voilà en partance pour un voyage des sens. Voyage immobile certes, mais dans un lieu dont le nom ne va pas sans évoquer celui du navigateur dont nous perdîmes toute trace en 1788 alors qu’il se trouvait à bord de la Boussole…
Ce déjeuner était construit comme un chemin familier que l’on regarde un matin avec un œil neuf. Une promenade que je vais vous conter en image car tout cela se passe de commentaires.
Mise en bouche
tube de brick et émulsion de choux fleur
Mont Blanc de pied de porc pané
*
Salade de lentilles et bigorneaux
et son émulsion de lentille
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Le cèpe en fin velouté
émulsion de lard fumé
brisures de pignons de pin torrefiées
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Le filet de biche rôti aux agrumes
purée de carottes jaunes réglissées
cerfeuil tubéreux au jus
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Potimarron confit à la vanille
crème glacée à la noisette
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Beurre Bordier demi-sel
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Château de Carles 2006
Constance et Stéphane Droulers
 
Restaurant Lapérouse
51, Quai des Grands Augustins
75006 Paris
01 56 79 24 31
restaurantlaperouse@wanadoo.fr
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lundi au vendredi de 12h à 14h30 
lundi au samedi de 19h à 23h30

LE GOÛT DE BARCELONE

Le décalage horaire est la seule chose difficile à vivre à Barcelone. « Comment ça le décalage horaire ? » objectent déjà certains. Théoriquement on ne change pas de fuseau horaire, certes. Mais le rythme barcelonais et le rythme parisien n’ont que peu de choses en commun.

Arrivée jeudi 8 octobre vers 20h, après une journée harassante à Paris, sous un pull-over à col roulé. La porte de l’aéroport s’ouvre… silhouettes noires des palmiers sur aplat soleil couchant, bienvenue en juillet ! Il fait 24 °C. A 21h30 nous commençons à peine l’apéritif. Le voilà… le décalage qui me tue les premiers jours dans la cité catalane… Déjeuner à 14h, dîner à 22h, coucher à 2h minimum et lever à 8h, parce que je suis incapable de changer aussi vite mes habitudes. Oui, il existe donc bel et bien un décalage horaire à 1h25 d’avion de Paris.
Par quoi on commence ? Quelques pica picaAlcaparrones et pa amb tomaquet. Les premiers sont des câpres mais en version jumbo (en France on appelle ça des caprons et c’est assez compliqué à dénicher), leur goût est plus subtil, moins acide que celui de leur cousin nain. Et le pa amb tomaquet est à Barcelone ce que la bruschetta ai pomodorri est à la Toscane, une chose toute simple et divine si vous avez LA tomate au goût de fruit.
Le Pa amb tomaquet de la Titane
De belles tranches de pain rustique
Une gousse d’ail pelée à vif
des tomates bien mûres
de l’huile d’olive
sel
poivre
Frottez le pain avec une gousse d’ail à vif et réservez. Passez les tomates à la grille pour en retirer la pulpe, salez, poivrez, ajoutez de l’huile d’olive pour lier puis étaler généreusement la mixture sur le pain. Le tout arrosé d’un verre de rouge catalan pour faire local. En principe les espagnols étalent directement la tomate coupée en deux sur le pain, mais il est très rare de trouver des tomates assez mûres et assez juteuse pour ce faire.
Il est minuit, l’heure de sortir… Un verre au Big Bang, quelques pas de mambo au Sifó. A Barcelone il est possible de rentrer dans les bars pour y danser sans consommer quoi que ce soit et par ailleurs les pakistanais vendent des bières à toute heure du jour et de la nuit, même dans des ruelles absolument inconnues des touristes et a priori désertes.

Ce billet devait, comme tous les autres, demeurer culinaire mais j’ai pris le temps de faire quelques détours… Déambuler à pied ou à vélo dans les rues de Barcelone est ce que je préfère. Juste avant que vos semelles ne vous lâchent après une journée de marche, courrez acheter une BD chez Continuarà qui propose un vaste choix en espagnol, anglais et français, souvent pour un prix dérisoire. Poussez ensuite jusqu’au bord de mer ou encore au Montjuic pour bouquiner tranquille.

En ce moment la fondation Cartier à Paris propose une exposition très courue… Né dans la rue. Consacrée au graffiti, elle attire les parisiens qui pourtant se scandalisent devant les œuvres sauvages des murs de Paris, notre superbe ville musée. Il faut croire que le parisien a besoin d’un cadre (en bois doré) et qu’il ne dépasse jamais lorsqu’il colorie… Tandis qu’ici, à Barcelone, les murs sont vivants.

Une fois que vous aurez bien tourné en ville, descendu Las Ramblas jusqu’à la colonne de Colomb, poussé jusqu’à Barceloneta puis enfin jusqu’au Port Forum (construit à l’occasion du Forum mondial de la culture en 2004 et aujourd’hui dans un quartier un peu à l’abandon avec des immeubles de luxe dont la construction, crise oblige, est aujourd’hui en suspend) revenez sur vos pas jusqu’au Quartier de Poblenou. Là, posez-vous sur l’un des cafés de la rambla centrale ombragée de platanes et, loin des hordes de touristes de la Plaça Catalunya, allez-y sur les tapas qui coûtent bien moins cher que dans les bars vaguement basques de Passeig de Gracià.
Puisque j’en parle, Passeig de Gracià est mon avenue préférée à Barcelone. Cet avis de touriste fait frémir Anne, barcelonaise depuis plus d’un an. Il est vrai que l’on y rencontre le pire en matière de restaurants et de magasins de vêtements, mais Gracià est aussi une allée moderniste magnifique. Les dalles octogonales aux motifs floraux, les lampadaires en fer forgé, la casa Amatller (passez-y acheter une boîte en fer de chocolat à la taza), la casa Batllo, la Pedrera, où va se tenir très bientôt une exposition sur l’œuvre de Maillol, ce qui me permet de découvrir que « Maillol était catalan. » 

Diantre on m’aurait caché des choses ! El Pais  se fait moins catégorique que La Vanguardia sur le sujet. Dans les colonnes du premier, il s’agit seulement de l’ « artiste franco-catalan ». Après une petite vérification, Aristide Maillol est né à Banuyls-sur-mer et fut élève au lycée de Perpignan. Si Maillol était attaché au pays catalan de son enfance, cela fait-il de lui l’artiste dévoué à la catalanité que nous présentent les grands quotidien espagnols ?! A voir.

Si vous souhaitez emporter avec vous un souvenir relativement authentique de cette avenue ô combien surfaite et touristique, prenez le temps de la gravir jusqu’en haut, de préférence le dimanche matin et poussez la porte de la casa Fuster. Un petit palace, un bijou moderniste dont le café Vienes sera alors tout à vous, au moins jusqu’à midi. Vous pourrez vous plonger dans les sinuosités des canapés aux coussins moelleux pour déguster un café americano assorti de quelques délicats biscuits aux noisettes. 

Comme le barman était seul, j’ai pu obtenir quelques recettes de cocktails, dont le Ninja, spécialement inventé par les barman du café Viernes pour une clientèle jeune et dorée… Très bientôt il faudra que je vous fasse ça.

Après une après-midi de shopping (oui, Anne aussi fait du shopping, surtout lorsque je suis là c’est vrai. Mais entre Mango, Sfera, Desigual ou Zara, faut bien non ?)… Un petit rituel de copines très calorique : manger un flap jack dans l’un des Buenas Migas de la ville. Qu’est-ce que vous y mangerez ? La cuisine d’un italien et d’une anglaise, émigrés à Barcelone, dont les recettes ont depuis fait florès, puisque vous trouverez près de 5 Buenas Migas en ville. Si vous avez un gros creux, nous vous recommandons donc le flapjack avec son petit pot de fromage blanc battu : un énorme pavé au muësli et au miel. Une chose bien roborative, beaucoup trop lourde pour ce mois d’octobre estival, mais un rituel est un rituel.

Il n’est pas une ville où je me sois rendue dont je n’ai pas le ticket d’un jardin botanique, d’un potager atypique ou d’un parc extraordinaire. Lorsqu’Anne m’a parlé du jardin au labyrinthe dans le quartier d’Horta (horta, comme… horticulture), la petite Alice qui sommeil toujours en moi s’est réveillée avec une furieuse envie d’y suivre le lapin blanc. Nous voilà donc parties vers le plus ancien jardin de Barcelone, conçu à la fin du 18ème siècle : palais néo mauresque, jardin chinois, labyrinthe central, kiosques à musique, topiaires et statues pour une pause hors du temps.

D’ailleurs, tout pousse à Barcelone, il ne gèle jamais. Une petite envie de verdure avant le retour ? Rendez-vous chez Hivernacle, un lieu atypique. On y aurait vu un centre culturel, un bar lounge branchouille, un atelier d’artiste, et non, c’est une jardinerie qui se cache derrière les murs de brique.

Barcelone est une ville peu frileuse en matière de design. Une petite adresse pour dormir design donc… L’hotel Emma, juste à côté d’une galerie qui présente en ce moment des oeuvres de Cinalli.

On a bronzé, on a dansé, on a bu et on a beaucoup cuisiné… Le poulet au curcuma avec sa sauce tomate et gingembre que je réclame à Anne des semaines à l’avance, le gaspacho de Tito, les pralines, la tarte à la confiture, les poires dashi pochées à la cannelle pour une tarte bourdaloue improvisée avec une crème d’amande au yaourt, la tarte aux prunes marinées dans le miel et la muscade. Mais tout cela n’a rien de bien catalan. J’ai fait une grande découverte culinaire toute bête : la farine intégrale donne un charme puissamment rustique à la pâte sablée. J’ai également appris à utiliser un four avec deux positions seulement (fort et faible) pour faire de la pâtisserie, utiliser une bouteille de vin au lieu de mon rouleau acheté tout spécialement chez Mora, je sors du cadre… Je me déparisianise (merci ma Titane).

J’oubliais. J’ai failli rater mon avion en faisant une dernière promenade sur Gracià lorsque je suis tombée chez Vinçon. Tout ce qui se fait en matière de design culinaire est là. Même les ustensiles de Ferran Adrià, Faces. Du beau, du pratique, du chic et la collection intégrale des mugs Pantone !

Carnet d’adresses


Big Bang bar Oldies
Carrer de Botella 7
08001 Barcelona


Bar Sifó
Carrer d’Espalter 4
08001 Barcelona


Librairie BD Continuarà
via Laitana 29
08003 Barcelona
www.continuara.org


Jardinerie Hivernacle
Melcior de Palau 32-36
08028 Barcelona
www.hivernacle.net


Parc del Laberint d’Horta
Passeig dels Castanyers 1
08035 Barcelona


Café Vienes
Hotel Casa Fuster
Tout en haut de Passeig de Gracià
5,70 euros le café americano mais ça vaut le coup !


Buenas Migas
Maremagnum
Plaça Odissea
08001 Barcelona
www.buenasmigas.es


Hotel Emma
Carrer Rosselo 205
08008 Barcelona
www.room-mateshotel.com

Mito Galeria d’Art Contemporani

Ricardo Cinalli, Endemoniados
Carrer del Rossello 193
08008 Barcelona

Vinçon
Passeig de Gràcia, 96
08008 Barcelona
www.vincon.com

Et bien-sûr, même si je n’en ai pas parlé ici…
Barcelone regorge de marchés aux étals fantastiques.
Un petit tour à la Boqueria pour le Belotta Pata Negra, 
la boutargue moins chère qu’en France, les jus de fruits frais, 
les graines en tout genre, les bonbons, etc.

L’OFFICE, RUE RICHER, CARTE MINIMALISTE MAIS ASSIETTE GENEREUSE

L’Office est l’un des restaurants du 9ème arrondissement que je préfère (talonné il est vrai par quelques autres comme Autour d’un verre ou encore Supernature). Ce billet me rappelle à quel point je manque à tous mes devoirs… J’aurai déjà dû vous parler depuis longtemps de Grégory Lemarchand et du dîner de la Nuit Omnivore de ce mois de juillet ! Pourquoi j’y pense ? Hé bien tout simplement parce que le restaurant l’Office était le bébé voilà un moment déjà de Nicolas Scheidt, son beau-frère et qu’ils se sont croisés pour la première fois dans les cuisines de Jamie Oliver, icône culinaire de la perfide Albion.

Depuis lors, Nicolas Scheidt est parti vers d’autres contrées (bruxelloises paraît-il) mais les geeks du 9ème arrondissement viennent toujours à l’Office, et ils ont raison.
Jamie Oliver. Voilà un premier indice pour définir la cuisine que vous pourrez manger à l’Office. Le chef James Robson, officie depuis peu aux fourneaux. Il a fait ses classes aux côtés de Nicolas Scheidt et sa cuisine ressemble à celle de Jamie, notre chouchou d’Outre-Manche, avec des accents méditerranéens : le jeune chef avoue en effet une petite passion pour les cuisines italienne et espagnole.
Si le décor soigné de l’Office vous invite à une plongée dans un intérieur new-yorkais très senventies, ce qui vous arrive sur la table est un mélange (d)étonnant entre la cuisine ménagère british, as best as Mom’s beanfeast (mais comme si Maman avait passé des vacances entre Séville et la riviera italienne) et ce qui se fait dans les restaurant hype de Londres.
Il n’y a pas de carte, jamais. Sauf celle des vins, ces derniers, fort bien sélectionnés, feront cependant grimper allegro l’addition (9 euros le verre de vin des Pouilles… On s’en souvient encore).
Vous trouverez sur le tableau du jour : deux entrées, deux plats (dont un relatif, de près ou de loin à la marée) et deux desserts.
Ce jour là au menu vous auriez donc trouvé ceci :
Pour les myopes… Ce midi :
Velouté de potiron, œuf basse température
Salade gourmande (terrine, verdure, fromage)
*
Quasi de veau, pomme de terre, chorizo, sauce verte
Spaghetti tomates anciennes, poutargue et piments doux
*
Fromages du jour
Marquise au chocolat et sa glace vanille
 L’entrée commence très fort. La distinction des genres est sans appel. Velouté pour les femmes et Terrine pour les hommes. Le velouté est doucement épicé, l’œuf poché qui trône au centre est d’une cuisson impeccable. La courge muscade de Provence est parfaitement mise en valeur par quelques épices douces dont nous ne saurons rien… Secret de chef.
La terrine est honorable, si la salade manque d’une pointe d’originalité, les physalis se marient heureusement avec cette pièce rustique.
La suite devient magistrale avec des spaghetti cuit al dente, relevés d’un pesto de persil audacieux. La poutargue détaillée à la mandoline offre un goût puissant  à l’ensemble et contraste malicieusement avec la douceur des cubes de tomate à l’ancienne, le tout réchauffé par des piments doux dosés avec justesse.
Le quasi de veau est rosé, la purée comme un mash (qui n’est pas sans rappeler les origines british de notre cuisinier) est relevée par le pesto de persil. Les deux plats principaux, entre terre et mer se font écho grâce à cet aromate. Il est donc tout à fait permi de picorer dans l’assiette voisine. D’ailleurs, j’y pense pour les incultes : la poutargue ou boutargue, che c’é ? Le caviar de la Méditerranée, des œufs de mulet, séchés, compressés dans une fine pellicule de cire et que l’ont retrouve dans la gastronomie italienne, espagnole mais aussi maghrébine, turque etc.

Et là… Le dessert. On zappe l’assiette de fromage pour cette fois, bien que celle-ci soit souvent intéressante, agrémentée de fruits de saison et d’une pointe de miel, voire d’une confiture maison ou d’un chutney atypique (oui, on passe notre vie à l’Office).

Donc je vous disais, le dessert… La marquise au chocolat et ses à-côtés, car tout est dans l’à-côté. Une marquise ne se cuit pas, ce gâteau tient plus de la mousse au chocolat et peut vous plomber une fin de repas, sauf si…


…Sauf si la marquise au chocolat est intelligemment surmontée d’une quenelle de glace vanille d’exception, de quelques kumquats confits, de grosses mures de saison sucrées à souhait. Une dernière question me taraude, mais où est-ce qu’il trouve des kumquats confit celui-là ?
Pour résumer :
l’Office
3 rue Richer
75009 Paris
01 47 70 67 31
Le Midi,
Entrée, Plat et Dessert : 21 euros
Entrée et Plat ou Plat et Dessert : 17 euros
Vin au verre : entre 7 et 9 euros

LA PATISSERIE DES REVES, UN CAUCHEMARD POUR VOS HANCHES ? COMMENCEZ PAR MATSURI !

Tout le monde en parle, j’y pense depuis une semaine et ce matin sur le blog Et Toque ! La vidéo interview de Philippe Conticini a fini de me décider. On a commencé tout doucement cette pause déjeuner en allant chez Matsuri : 10 euros en poche pour le japonais sur rails, c’est sûr qu’ensuite il nous restait un petit creux conséquent pour une merveille au pays du sucré.

Matsuri, vous connaissez le principe ? Les petites assiettes hors de prix défilent et vous les attrapez au vol… Rigolo mais pas nourissant.

Passons donc aux choses sérieuses. La pâtisserie des rêves… Une paire de collants fushia tombe en arrêt devant la pâtisserie couleur taupe, hésite, repart puis cède à la tentation du moment. Tout est sous cloche lumineuse, le décor est épuré. Les vendeuses sont en robes blanches enfantines mais perchées sur talons aiguilles. Tout invite à la gourmandise.



Laissez-vous tentez par un Paris-Brest revu et corrigé avec un coeur coulant…

Ou bien craquez pour une tarte Tatin au feuilletage de pommes golden confites avant d’être caramélisées comme une Tatin classique…


A moins que vous ne préfériez honorez les produits de saison avec ce fruitier aux quetsches, variation design et éphémère du célèbre fraisier.


Et si vraiment l’idée d’un tel goûter à 14h vous effraie, sachez que la viennoiserie n’est pas en reste chez Philippe Marcolini… Une folie, une brioche au sucre, un secret aux noisettes ?

Et voilà, c’est fini et si vous en voulez encore c’est là, juste en bas. Et demain ? Dégustation de Wagashi chez Toraya, toujours nippon mais raffiné et efficace.

Matsuri
74, rue du Bac
75007 Paris
www.matsuri.fr
01 45 49 19 92

La pâtisserie des rêves
Philippe Conticini
93, rue du Bac
75007 Paris
www.lapatisseriedesreves.com
01 42 84 00 82

MOSTOFFLAIT… LE BUZZ WORD DU MOMENT SUR LA TOILE


Mais qu’est-ce que le Mostôfflait ? Tout le monde en parle et personne ne sait de quoi il s’agit…
Un gros canular ? Un simple hoax ? Le surnom d’un apprenti crémier ? Un moule à caillettes ? Un fromage blanc de Champagne ? Bref c’est le mystère, tout le monde s’interroge et moi aussi. Le magazine Saveurs vient de nous poser une sacrée colle !

Les inventrices bloggeuse de la fève Seva 🙂 trouveront sans doute une réponse poétique ? Ne nous laissez pas bouche-bée !

La première qui trouve aura le droit à une douceur que je lui enverrai spécialement !

A SLICE OF ENGLISH CHEESE… QUELQUES FROMAGES DE L’ALBION

J’ai toujours pensé que le fromage anglo-saxon avait le goût et l’apparence du plastique. L’autre jour je suis allée visiter les coulisses de la Fromagerie de Paris, au 229 rue de Charenton (métro Dugommier pour ceux et celles qui seraient interessés).

Monsieur Lefebvre, Meilleur Ouvrier de France fromager, propose, parmi 140 références, quelques délices anglais. L’amatrice de fromages que je suis, souvent chauvine en la matière, ignorait jusqu’à l’existence de ces produits au pays du cheedar plastique !

Je vous propose donc aujourd’hui une assiette de fromage anglais…

Vous trouverez sur ce plateau british, de gauche à droite, : du Shropshire blue cheese, du Derby Sage, du bleu de Stilton et du Cheddar village.

Le Shropshire blue cheese tire sa couleur orangé du roucou, fruit du rocouyer (ce fruit est parfois nommé annato, achiote) un colorant alimentaire naturel utilisé comme pigment depuis longtemps par les indiens d’Amérique du Sud.

Le fruit n’est pas comestible, c’est la cire qui l’entoure, que l’on récolte aprés avoir fait sécher le fruit, qui est riche en caroténoïde. On retrouve ce colorant dans de nombreux produits européens sous l’appelation E160b.

Le Shropshire blue cheese est légèrement crémeux, riche en goût grâce à ses marbrures obtenues avec la pénicilline. Dégustez-le simplement avec un pain aux graines de céréales.

La pâte dure du Derby sage (personnellement j’ai été tout de suite attirée par ses belles marbures vertes, mais la texture et le goût m’ont un peu déçue, disons qu’il faudrait goûter ce fromage en premier, car il est plus subtil que le Shropshire) tire ses marbrures vertes des feuilles de sauge mélangées à la pâte avant compression de celle-ci. Le goût de la sauge est obtenu par l’adjonction d’extrait de sauge à la pâte. Cette façon d’accomoder le Derby avec de la Sauge est répandue en Angleterre depuis le XIXème siècle. On le consommait alors à l’occation de fêtes, à Noël notamment. Sa pâte dure ressemble un peu à celle du Manchego espagnol et son goût de sauge est subtil, difficile à identifier si vous avez mangé avant un fromage puissant… L’idéal est de le consommer en premier.

Je n’ai pas encore goûté le Stilton blue cheese, je compte le préparer avec une Waldorf, célèbre salade qui porte le nom du palace new-yorkais (le Waldorf Astoria sur Park Avenue pour les connaisseurs !) où elle fut inventée à la toute fin du XIXème siècle par le maître d’hôtel Oscar Tschirky.

On trouve le Cheddar village dans le Somerset, une région du sud ouest de l’Angleterre, à proximité de Bristol. Le Cheddar cheese, souvent blanc, est bien connu en France dans sa version plastifiée et carrée. Or il gagne à être connu dans sa version noble. Cette pâte dure, qui tire sa couleur orange soutenue du roucou (et parfois du paprika) a un goût fruité très prononcé.

Voilà pour ce petit tour des fromages d’Angleterre. Toutes les idées recettes, traditionnelles ou inventives sont les bienvenues !

ALLEZ MANGER A LA CHAPELLE


Même si je suis allée une première fois dans ce restaurant avec une amie spécialiste de l’Inde, c’est un peu l’aventure à chaque fois. Entre deux visites j’ai le temps d’oublier le sens des mots sur la carte…

Si vous avez faim,
Si vous êtes fauché,
Si vous êtes parisien,

Si vous êtes indian food maniaque,

Si vous êtes fan de cuisine épicée,

Si vous êtes un peu aventurier,

passez la devanture et engouffrez vous dans le restaurant de la Chapelle, Muniyandi Vilas. Vous y mangerez indo-srilankais pour pas grand chose (le menu + lassi à 9 euros)…

Le briyani, une sorte de curry, que vous pourrez chosir au boeuf, porc, poulet, agneau vaut le détour ! Et que dire du lassi à la mangue qui a vraiment le goût de mangue ! Et les nan (parotta)! Fantastiques, ils sont faits au fur et à mesure, idem pour les samosa qui sont frits devant vous. Avec votre plat on vous amène le plus souvent deux sauces, l’une qui ressemble à une confiture d’oignons épicée et l’autre, à la coco rapée et au piment vert. Pour les samosa la sauce verte à la menthe est tout simplement dépaysante !

L’établissement n’est pas étoilé mais le papier peint au fond de la salle vous rapellera votre enfance/adolescence si vous êtes né dans les années 1980… Une plage de sable fin avec cocotier en très grand format… Et puis ça ne paye pas de mine et c’est bon ! La soirée peut aussi être culturelle si vous vous prévoyez ensuite de sortir au théâtre des bouffes du Nord !

Muniyandi Vilas
207, rue du Faubourg Saint-Denis

Métro La Chapelle

01 40 36 13 48 (parlez anglais, ça vaut mieux)
Et en prenant la carte pour vous noter l’adresse, je m’aperçois qu’il y a un site internet http://www.muniyandi-vilas.com
(ce que vous voyez sur ma photo est un menu briany avec un lassi mangue)

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Visite de la chocolaterie Puyricard

Si les aventures gustatives vous manquent cet été et que vous passez par Aix-en-Provence, visitez la chocolaterie de Puyricard ! Pour 8 euros la fabrication des calissons, la température du chocolat de couverture et la confection des ganaches n’auront presque plus de secrets pour vous. Pas de photographies de cette visite sur “Mange-moi” car les chocolatiers confiseurs de la maison Puyricard tiennent à garder le mystère de leurs douceurs fabriquées de façon artisanale et sans conservateur depuis 1968. Rendez-vous à “La Plantation”, quartier Maliverny, Avenue de Fabry 13540 Puyricard, pour entendre l’histoire de ce couple dont l’aventure commence au Congo Belge et se poursuit en Provence.

Pour ceux qui se poseraient la question… Oui, la visite est ponctuée de dégustations.

Visite virtuelle sur http://www.puyricard.fr/fr/visitevirtuelle.htm